
Recommandé par une spécialiste passionnée des supermarchés locaux : pour découvrir la culture culinaire japonaise, rendez-vous dans un supermarché régional !
Lors d’un voyage, le supermarché est un passage incontournable pour chercher des souvenirs. Les supermarchés locaux, en particulier, regorgent de produits et de spécialités qui reflètent la culture culinaire de leur région. Yoshimi Sugawara, spécialiste des supermarchés et fondatrice de l’Association nationale des supermarchés locaux, nous en dévoile les attraits. Comment profiter pleinement de ces établissements selon cette experte ?
Qu’est-ce qu’un supermarché local ?
Les supermarchés sont indispensables à notre vie quotidienne. Ils proposent généralement un large éventail de produits alimentaires et d’articles de première nécessité, mais leurs formats sont très variés, du grand magasin généraliste à la supérette offrant une sélection restreinte. Les plus nombreux sont les supermarchés alimentaires.
Parmi eux, ceux qu’il faut absolument visiter en voyage sont les supermarchés alimentaires profondément ancrés dans leur région : les « supermarchés locaux ».

L’Association nationale des supermarchés locaux considère comme tel tout établissement répondant à au moins l’un des trois critères suivants.
- Être originaire de la région
- Proposer de nombreuses spécialités locales
- N’être implanté que dans une zone géographique limitée
En réalité, peu de grandes enseignes sont présentes dans tout le Japon. La plupart sont des chaînes régionales ou des supermarchés de petite ou moyenne taille ne comptant que quelques magasins. Il est donc possible de trouver des supermarchés locaux partout au Japon.
Parmi ces établissements, certains comptent plusieurs dizaines de magasins dans une région et sont connus de tous ses habitants, tandis que d’autres, issus d’un commerce indépendant, ne possèdent qu’un ou quelques points de vente.
Leur taille n’est pas leur seule différence. Il existe de nombreux types de supermarchés : ceux qui misent avant tout sur les prix bas, ceux qui élargissent leur assortiment afin de devenir de grands magasins, ceux qui proposent des produits de marques connues dans tout le pays ou encore ceux qui privilégient les fabricants locaux.
En voyage, mieux vaut choisir un supermarché entretenant des liens avec les producteurs locaux et permettant d’acheter des ingrédients et spécialités propres à la région. Envie de savoir comment trouver ce type d’établissement ? Les astuces seront présentées un peu plus loin !
Quels sont les attraits des supermarchés locaux ?
Les supermarchés locaux proposent des produits frais, notamment des poissons et fruits de mer pêchés dans la région ainsi que des légumes tout juste récoltés. Les observer fait partie des plaisirs du voyage. Bien entendu, les rayons regorgent aussi d’autres ingrédients régionaux. Cependant, en les parcourant distraitement, il est facile de ne pas remarquer ce qui les distingue du supermarché de son quartier. Les produits des fabricants locaux côtoient ceux des marques nationales sur les mêmes étagères : il est donc important de les examiner attentivement.


Dans les supermarchés des zones touristiques, des panneaux bien visibles portant des mentions comme « Produit local ! » sont parfois installés, mais cela reste rare. Pour dénicher les produits régionaux, il faut parcourir soi-même les rayons. Plusieurs paires d’yeux facilitant la découverte d’articles intéressants, il peut être judicieux de se répartir les recherches en famille ou entre amis. Cette impression de chasse au trésor constitue elle aussi l’un des attraits des supermarchés locaux.
Pour les habitants, le supermarché est l’endroit où acheter les aliments servis chaque jour à table. Autrement dit, c’est un lieu où se concentre la culture culinaire régionale et où l’on peut découvrir les habitudes alimentaires quotidiennes. Le dos des emballages des fabricants locaux comporte souvent des explications. Lire comment un aliment est né ou de quelle manière il était consommé permet d’entrevoir la culture culinaire de la région. Mme Sugawara décrit le supermarché comme une « bibliothèque de la culture culinaire », mais cette bibliothèque est également un lieu où cette culture se pratique, puisque l’on peut acheter les produits et les goûter.
Comment trouver un supermarché local
Tout d’abord, si plusieurs supermarchés portant le même nom apparaissent au cours d’un voyage, il s’agit probablement d’une chaîne locale implantée dans la région. On peut alors supposer qu’elle propose la plupart des produits des fabricants locaux réputés. La diversité de l’offre régionale varie selon les magasins, mais ces supermarchés bien ancrés localement sont parfaits pour chercher des souvenirs.
La difficulté concerne les supermarchés indépendants qui ne possèdent qu’un ou quelques magasins. Ils proposent souvent de nombreux produits originaux et sont particulièrement intéressants, mais leur apparence ne permet pas de les identifier. De plus, beaucoup ne sont accessibles depuis les grandes gares qu’après avoir emprunté une ligne locale puis un bus, ce qui complique considérablement la visite.
Ce sont pourtant précisément ces supermarchés singuliers qui constituent la spécialité de Mme Sugawara. Autrefois, elle demandait aux professionnels du secteur de lui recommander des établissements locaux réputés. Aujourd’hui, elle consulte surtout les informations publiées sur les réseaux sociaux. Elle recherche notamment des publications consacrées aux plats préparés sur Instagram et X, puis part enquêter lorsqu’un produit attire son attention.
Le site Internet qu’elle gère, « Gotouchi Super Online », regorge également d’informations sur les supermarchés locaux dont on parle.
Pour percevoir les différences régionales, direction le rayon des senbei !
Parmi les nombreux rayons d’un supermarché, certains reflètent particulièrement bien l’identité locale. En les observant attentivement, même les novices devraient pouvoir percevoir les différences régionales.
Commençons par le rayon des senbei, les crackers japonais. À Tokyo, le senbei typique est un cracker rond à la sauce soja, préparé avec du riz non gluant. Mais cette norme ne s’applique pas partout. Dans la préfecture d’Aichi, par exemple, les rayons présentent une quantité impressionnante de crackers aux crevettes. Préparés avec de la fécule de pomme de terre et des crevettes, ils ont naturellement un goût totalement différent de celui des senbei à la sauce soja. Il est fascinant de constater que les saveurs, les ingrédients et les formes dominantes varient entièrement d’une région à l’autre.

Dans le Tohoku, les rayons sont remplis de nanbu senbei. Il s’agit de crackers ronds, faits de farine de blé pétrie avec de l’eau puis cuite jusqu’à devenir dure. Leur forme particulière, bordée d’une fine collerette, se rencontre aussi dans d’autres régions, mais les supermarchés du Tohoku en proposent une variété exceptionnelle. Aux versions courantes au sésame ou aux cacahuètes s’ajoutent des nanbu senbei garnis de calmar, de fromage, de natto ou de pomme. Il existe également des versions sucrées fourrées à la mélasse ou au chocolat, ainsi que des crackers destinés au senbei-jiru, une soupe régionale. Chaque fabricant proposant ses propres produits, les nanbu senbei occupent presque tout le rayon.

À Niigata, grande région rizicole, une large partie du rayon est consacrée aux arare à base de riz gluant. Les célèbres « kaki no tane » sont assaisonnés à la sauce soja, mais la saveur dominante reste le sel. Les senbei les plus courants sont eux aussi ceux dits « goût salade », vaporisés d’huile puis salés. Il s’agit en somme de crackers salés, et le rayon est rempli de produits aux teintes claires.
Selon une théorie, « dans cette grande région rizicole, le goût du riz serait particulièrement apprécié et le sel permettrait d’en savourer pleinement les arômes, contrairement à la sauce soja ».
Dans le Kansai, on trouve en revanche de nombreux kawara senbei, préparés avec de la farine de blé et des œufs puis cuits. L’assortiment varie ainsi selon les régions et permet de découvrir leur culture culinaire, mais aussi leur histoire et leur terroir.

Ne manquez pas non plus la sauce soja et le miso !
La sauce soja fait elle aussi partie des aliments présentant d’importantes différences régionales. Chaque région compte ses propres fabricants, qui sont plus de 1 000 au total. Toutefois, les chiffres d’expédition montrent que les cinq plus grandes entreprises représentent plus de 50 % du volume total. Les autres fabricants, de petite ou moyenne taille, produisent donc à petite échelle en fonction de la demande locale.

L’aspect du rayon diffère également d’une région à l’autre. À Hokkaido et dans le Tohoku, des bouteilles en plastique de 1,8 litre sont alignées sur l’étagère inférieure. Ces régions possédaient autrefois une tradition de conserves marinées à la sauce soja pour l’hiver, et cette habitude explique en partie leur forte consommation actuelle. Les supermarchés locaux vendent d’ailleurs de nombreux produits marinés dans la sauce soja.

À Kyushu, c’est le grand nombre de références qui surprend. Comme chacun le sait, la sauce soja de Kyushu est sucrée. Les rayons proposent quatre catégories : la sauce soja douce, la sauce soja foncée classique, la sauce soja claire et l’umakuchi, dérivée de la sauce douce et enrichie en umami. Chaque entreprise commercialisant ces quatre sortes, les rayons de Kyushu présentent une impressionnante variété de sauces soja.
La sauce soja douce possède une saveur riche et est réputée mettre en valeur le goût du poisson frais. Plusieurs théories expliquent pourquoi celle de Kyushu est sucrée. La sauce douce étant également appréciée dans le Hokuriku, sa compatibilité avec une culture alimentaire fondée sur le poisson frais constitue probablement l’une des raisons. Parmi les autres hypothèses les plus vraisemblables figurent le besoin de compenser le sucre et le sel perdus par la transpiration sous un climat chaud, l’accès facilité au sucre grâce au commerce pratiqué à Dejima, à Nagasaki, et la culture locale de la canne à sucre.

Les grandes bouteilles de sauce soja sont cependant lourdes et donc difficiles à rapporter en souvenir… Le miso constitue alors une bonne option. Là encore, les préférences régionales varient entre le riz, l’orge et le soja. Même parmi les misos de riz classiques, il existe de nombreuses variétés, comme le miso de Shinshu dans la préfecture de Nagano, celui de Sendai dans la préfecture de Miyagi ou le miso Saikyo de Kyoto. Le miso d’orge est fabriqué à Kyushu et celui de soja dans la préfecture d’Aichi. Comme la sauce soja, ces produits sont néanmoins vendus dans de grands formats qu’il peut être difficile de terminer après les avoir rapportés.

La soupe miso instantanée, facile à préparer, est alors très pratique. Lorsqu’elle provient d’un fabricant local, elle ne prend guère de place. Il est possible de la goûter pendant le voyage et, bien entendu, elle constitue aussi un souvenir idéal.

Plats préparés et pâtisseries fraîches méritent aussi le détour
Le rayon des plats préparés mérite lui aussi une attention particulière. Autrefois, les supermarchés vendaient principalement des produits frais et des ingrédients. Aujourd’hui, les bentos et les plats cuisinés y sont devenus incontournables. De plus en plus d’établissements développent cette offre, et rechercher des bentos ou des plats préparés à partir d’ingrédients propres à la région fait désormais partie des plaisirs de leur visite.

Cependant, un supermarché local ne propose pas nécessairement uniquement des plats régionaux. Sur une cinquantaine de plats préparés, il arrive que seulement trois ou quatre soient propres à la région. Après tout, les habitants ne mangent évidemment pas exclusivement des spécialités locales.
Il est donc important d’examiner attentivement les produits. À Takayama, dans la préfecture de Gifu, ce qui ressemble à première vue à du tofu frit ordinaire peut par exemple être un « agezuke », une spécialité locale imbibée de sauce soja.

Dans l’ouest de la préfecture de Tottori, on trouve également un plat préparé appelé « itadaki », aussi connu sous le nom de « nonoko-meshi », farci de riz et de légumes puis mijoté. Tous les habitants connaissent cette spécialité régionale, mais les touristes qui l’ignorent risquent facilement de passer à côté.

Parmi les aliments frais à courte durée de conservation livrés quotidiennement, comme le pain, le lait ou le tofu, beaucoup sont également produits localement. Les pâtisseries fraîches, en particulier, ont de fortes chances de provenir d’un commerce de la région. Dans une ancienne cité comme Matsue, dans la préfecture de Shimane, les supermarchés proposent parfois des wagashi préparés par des pâtisseries historiques vieilles de plus de 300 ans, ou encore les douceurs occidentales de boulangeries devant lesquelles se forment de longues files d’attente. Cela vaut la peine de les chercher.

Des glaces à goûter absolument, uniquement sur place !
Les glaces locales font elles aussi partie des produits à goûter absolument lorsqu’on les découvre. Celles que les habitants affectionnent sont originales et intéressantes. Comme elles ne peuvent pas être rapportées en souvenir, seul un passage sur place permet de les savourer, ce qui leur confère un caractère particulier.
Dans la préfecture de Niigata, par exemple, la glace locale « Momo Taro » est un produit populaire vendu dans tous les supermarchés. Elle se caractérise par une texture croquante proche de celle de la glace pilée. Malgré son nom, qui signifie « garçon pêche », elle est parfumée à la fraise et contient du jus de pomme : étonnamment, elle ne renferme absolument aucune pêche. À l’origine, des confiseries glacées couvertes de sirop rouge étaient vendues à Niigata sur les stands des festivals et dans les boutiques de friandises. Comme elles avaient la forme d’une pêche, les glaces sur bâtonnet ont fini par être appelées Momo Taro. Les habitants de Niigata ne trouvent donc absolument pas étrange qu’une « Momo Taro » soit à la fraise. Il est fascinant qu’une simple glace permette de découvrir ainsi la culture régionale.

Akita possède une glace locale appelée Babahera Ice, que l’on trouve généralement dans les supermarchés de la préfecture. Cette jolie glace bicolore rose et jaune est dressée en forme de rose. Son nom viendrait des mères de familles agricoles locales, appelées « baba », qui vendaient des glaces de manière ambulante. Comme ces femmes servaient la glace avec une spatule, « hera » en japonais, le produit aurait fini par être appelé Babahera. Sa saveur simple associe fraise pour la partie rose et banane pour la partie jaune.

10 supermarchés locaux originaux qui valent le détour
Mme Sugawara, qui parcourt les supermarchés locaux de tout le pays, a sélectionné ses meilleures adresses pour les lecteurs de GOOD LUCK TRIP. Toutes sont des valeurs sûres, très appréciées des habitants.
Les prix indiqués sont ceux relevés lors du reportage, taxes comprises. Les prix et le contenu peuvent être modifiés sans préavis.
1. Aizawa Shokuryo Hyakkaten à Wakkanai, Hokkaido
Ce supermarché historique a été fondé en 1922. À Wakkanai, ville la plus septentrionale du Japon, il est affectueusement surnommé « Aizawa, l’œil du connaisseur ». Il propose bien sûr les spécialités de Wakkanai, mais aussi des produits de tout Hokkaido.

Nos recommandations !
No 1 : saumon maison grillé et mariné dans la lie de saké (335 ¥ / 100 g)
D’épaisses tranches de saumon sont longuement marinées dans une lie de saké maison, puis proposées fraîchement grillées chaque jour. Très tendres, elles présentent un équilibre salé-sucré qui accompagne parfaitement le riz.
Ce produit original d’Aizawa est la meilleure vente du rayon des plats préparés. La boutique en ligne commercialise une version surgelée avant cuisson.

No 2 : bento d’okowa aux noix de Saint-Jacques (842 ¥)
À l’origine, la grand-mère du vice-président aurait préparé un okowa avec des noix de Saint-Jacques brisées, impossibles à commercialiser. Ce riz gluant dont l’établissement est fier est cuit avec une généreuse quantité de noix provenant de Soya. Garni de nombreux accompagnements maison préparés avec un soin particulier, ce bento au goût familial est exceptionnellement savoureux. Une création originale d’Aizawa.

No 3 : ramen avec noix de Saint-Jacques entière (734 ¥)
Depuis son lancement en 2021, ce produit du fabricant local Nomura Shoten domine largement les ventes du rayon alimentaire. Il contient une noix de Saint-Jacques géante entière avec sa collerette, spécialité de Sarufutsu, village le plus septentrional du Japon ! Les nouilles moelleuses, préparées exclusivement avec du blé Yumecikara de Hokkaido, sont servies dans un bouillon unique à base de sel et d’huile de noix de Saint-Jacques, qui en concentre les arômes et l’umami. L’emballage marquant, orné d’un singe, en fait un souvenir idéal du nord de Hokkaido.
2. Kab Center, magasin de Hirosaki, préfecture d’Aomori
Ce grand supermarché profondément ancré dans la région possède des magasins dans les préfectures d’Aomori et d’Akita. Il propose une vaste sélection de produits locaux, et l’on y voit même des habitants acheter des cartons entiers de jus de pomme. L’atmosphère régionale y est particulièrement authentique.

Nos recommandations !
No 1 : ika menchi maison (258 ¥ / 100 g)
Ce plat familial traditionnel de la région de Tsugaru varie en taille, en forme et en ingrédients selon les foyers et les commerces. Les ika menchi de Kab Center sont préparés en petites bouchées faciles à manger. Les tentacules restant après la découpe du calmar en sashimi sont hachés, mélangés à des légumes comme l’oignon et la carotte, liés avec de la farine puis frits. Cette spécialité locale serait née durant la pénurie alimentaire qui a suivi la guerre, afin de ne gaspiller aucune partie du précieux calmar.

No 2 : inari géant « Adohadari » de Tsugaru (158 ¥ pièce)
En dialecte de Tsugaru, « adohadari » signifie « encore une portion » ou « j’en veux davantage ». Le délicat rose du riz surprend au premier regard, et la dégustation réserve une nouvelle surprise. L’association du sucre et du gingembre rouge mariné produit une sensation inédite. Les étonnements s’enchaînent, mais cette saveur singulière donne irrésistiblement envie d’y revenir.

3. Endo à Yamagata, préfecture de Yamagata
Ce petit supermarché de quartier propose des spécialités de la préfecture de Yamagata dans son rayon des plats préparés. Ne pouvant rivaliser par l’étendue de son assortiment, il vise la première place grâce à ses « geso-ten ». Il est également possible de les manger dans l’espace de restauration. L’endroit est animé par les habitants et les touristes qui dégustent ces beignets tout juste frits, un verre à la main.

Notre recommandation !
Geso-ten d’Endo, saveur sel et citron (grand : 1 300 ¥, moyen : 850 ¥, petit : 460 ¥)
Les « geso-ten », véritables emblèmes d’Endo, sont servis brûlants et tout juste frits dans un espace qui leur est spécialement consacré. Plus d’une dizaine de saveurs sont proposées, avec des éditions saisonnières et de nouvelles recettes. La plus populaire est celle au sel et au citron.
4. Suzuki-ya, magasin de la gare de Zushi, préfecture de Kanagawa
Fondée à Zushi en 1902, l’enseigne compte huit magasins dans la préfecture de Kanagawa. Elle séduit par son assortiment raffiné, prisé des résidents aisés des régions de Shonan et Kamakura. Les produits originaux Suzuki-ya sont eux aussi très nombreux !

Nos recommandations !
No 1 : bento Chacha nori au saumon et légumes colorés (626 ¥)
Depuis qu’il a remporté le premier prix de la catégorie des bentos au nori classiques lors du concours des bentos et plats préparés 2020, ce bento emblématique de Suzuki-ya est épuisé chaque jour. Ce nori-bento raffiné et généreusement garni est devenu populaire grâce à l’idée permettant de terminer le repas sous forme d’ochazuke. Du thé au kombu est également mélangé au riz, illustrant le souci du détail propre à Suzuki-ya. Disponible dans tous les magasins.

No 2 : gamme de currys Suzuki-ya
Curry Zushi-Hayama, keema curry Zushi-Hayama et butter chicken curry Zushi-Hayama (538 ¥ chacun), curry au bœuf de Hayama (1 275 ¥)
Les currys originaux de Suzuki-ya constituent d’excellents souvenirs. Leurs emballages illustrant différents paysages de Zushi et de Hayama sont magnifiques, et la possibilité de goûter quatre saveurs contribue à leur popularité. Le luxueux curry au bœuf de Hayama contient de généreux morceaux de viande et se montre aussi riche par son goût que par son prix. Disponible dans tous les magasins.

No 3 : confiture de Shonan Gold (735 ¥), vente saisonnière uniquement
Les confitures originales de Suzuki-ya sont délicieuses et riches en morceaux de fruits. La « confiture de Shonan Gold », vendue en quantité limitée à partir du début de l’été, compte de nombreux adeptes qui attendent impatiemment son retour chaque année. Elle utilise généreusement le Shonan Gold, un agrume local cultivé dans la préfecture de Kanagawa, dont elle restitue la saveur rafraîchissante. Elle peut être épuisée dès l’automne ; dans ce cas, il faudra attendre avec impatience la saison suivante. Disponible dans tous les magasins.

5. Family Store Sato, magasin de Kokubunji à Takayama, préfecture de Gifu
Entourée de montagnes, Hida-Takayama regorge de spécialités régionales. Family Store Sato, qui possède sept magasins à Takayama, propose des produits locaux tels que l’« agezuke » devenu très populaire, les ramen de Takayama et le bœuf de Hida.

Nos recommandations !
No 1 : bento Makunouchi de Sato (398 ¥)
Un bento d’excellent rapport qualité-prix garni de riz et de plats de Hida. Le « komodofu » mijoté, en particulier, est une spécialité régionale bien imprégnée de bouillon. Autrefois, le tofu aurait été enveloppé dans un « komo », une natte de paille, afin de former de petits trous, puis mijoté pour améliorer sa conservation. Une version industrielle sous vide est également vendue : après l’avoir goûté dans le bento, il est donc possible d’en rapporter si on l’apprécie.

No 2 : hoba-zushi (463 ¥), produit estival uniquement
Family Store Sato regorge de saveurs de Hida. La chance sourit à ceux qui y trouvent son « hoba-zushi » maison, proposé uniquement en été, lorsque les feuilles de magnolia sont encore bien vertes. Cette gourmandise montagnarde associe du riz vinaigré à de la truite grillée et à des pousses de myoga, le tout enveloppé dans une feuille de magnolia. Grâce à sa bonne conservation et à la possibilité de le manger sans se salir les mains, cette spécialité était autrefois souvent préparée par les agriculteurs pendant les pauses entre les travaux de plantation du riz.

No 3 : hoba-miso de Sato (398 ¥)
Cette version originale de Sato reprend le « hoba-miso », spécialité traditionnelle de Hida-Takayama. Le plat consiste à humidifier une feuille de magnolia séchée et à l’utiliser comme une poêle pour faire griller du miso local sucré mélangé à de longs oignons et à des champignons, autres spécialités de la région. Servi avec du bœuf de Hida, il devient un somptueux plat de réception. Sa saveur accompagne à merveille le riz. Il est également idéal comme souvenir.

6. Friend Food à Kyoto, préfecture de Kyoto
Ce supermarché recherche dans tout le Japon des produits sûrs et savoureux, puis les sélectionne avec soin avant de les commercialiser. Les spécialités de fabricants locaux et les produits originaux sont eux aussi d’excellente qualité. Les panneaux explicatifs, rédigés avec soin, laissent une impression très positive.

Nos recommandations !
No 1 : chirimen sansho (720 ¥)
Inoue Tsukudani-ten a bénéficié pendant 135 ans du soutien des clients du marché de Nishiki, la cuisine de Kyoto. Malgré les regrets de ses habitués, le magasin a fermé en 2019. Refusant de laisser disparaître cette saveur kyotoïte tant appréciée, Friend Food a mené d’intenses négociations et l’a fait renaître dans son propre établissement ! Son chirimen sansho, généreusement parfumé au poivre sansho soigneusement sélectionné et assaisonné d’une touche sucrée, est un accompagnement classique du riz à Kyoto. Il est également très populaire comme souvenir.

No 2 : Kyoto Shimogamo Furendo, Wagyu Meshi Kiwami (1 780 ¥), quantité limitée
« Furendo » est le nom de la marque originale de Friend Food. Furendo, Fūrendō, puis « Friend » ! La viande, rigoureusement sélectionnée parmi des wagyu japonais à robe noire classés A4 ou A5, est un produit haut de gamme digne des restaurants traditionnels historiques et des célèbres restaurants de yakiniku de luxe. Selon le magasin : « Afin de nous adapter à l’âge et aux préférences de nos clients, nous essuyons volontairement le gras de chaque tranche avant de la disposer. » Un travail d’une minutie remarquable. Le riz est du Milky Queen cultivé à Kyoto, et le kimchi d’accompagnement provient lui aussi de Kyoto, où il est fabriqué par Hoshiyama.

7. Gyutora, magasin Haiji à Ise, préfecture de Mie
Cette chaîne locale, connue de tous dans la région, compte 28 magasins dans la préfecture de Mie. L’assortiment varie selon les établissements, mais les produits locaux abondent, notamment les « udon d’Ise », le « bœuf de Matsusaka » et les « tekone-zushi ». Les assaisonnements sucrés-salés sont eux aussi séduisants !

Nos recommandations !
No 1 : brochettes de viande hachée Gyutora (172 ¥ les 2)
Gyutora trouve son origine dans la boucherie « Ushitora », fondée par Torakichi Shimizu. Ses racines de boucherie expliquent sans peine les 4,6 millions de brochettes de viande hachée vendues chaque année. Au départ, ce menchi-katsu restait dans l’ombre des croquettes populaires et se vendait peu. Mais il est devenu un immense succès après avoir été présenté sur une brochette pour faciliter sa dégustation, nappé d’une sauce spéciale et rebaptisé « brochette de viande hachée » ! Sa saveur mystérieuse, trop douce pour une sauce occidentale et trop occidentale pour une sauce japonaise, lui vaut le nom de « sauce secrète pour viande hachée ». Seules quelques personnes participant à sa fabrication en connaissent la recette.

No 2 : udon d’Ise (95 ¥)
À l’époque d’Edo, les voyageurs venus en pèlerinage à Ise appelaient ces nouilles singulières « udon d’Ise », mais les habitants disent simplement « udon ». Autrefois réservées aux repas pris à l’extérieur, elles ont pu être vendues dans les supermarchés à partir des années 1960 grâce aux progrès des techniques d’emballage alimentaire, devenant ainsi accessibles à domicile. Chez Gyutora, principalement implanté à Ise, les plus populaires sont celles de Minami Seimen, un fabricant de la ville. Ise comptant de nombreux amateurs de douceurs, l’association classique se fait avec la sauce Maruki, légèrement sucrée.

No 3 : arare campagnards Gyutora, marque de distributeur, format économique (301 ¥)
Ise compte de nombreuses maisons réputées pour leurs gâteaux de riz, notamment Akafuku Mochi, Henba Mochi et Nikenjaya Mochi. Dans cette région où le mochi est très consommé est née la tradition de déguster les « arare », eux-mêmes préparés à partir de mochi, sous forme d’ochazuke.
Il suffit de mettre des arare et du sel dans un bol, puis de verser de l’eau chaude. Le sel peut être remplacé par du kombu salé ou du sucre, et l’eau par du thé. Croquants ou tendres, chacun peut les déguster à sa manière. Récemment, certains les consomment même comme des céréales, avec du sucre et du lait. Ils sont fabriqués par Mikuniya, célèbre producteur local d’arare.

8. Value, magasin Noah à Kami, préfecture de Kochi
L’entreprise, appelée Tosa Yamada Shopping Center, exploite trois supermarchés sous le nom de « Value » dans le quartier de Tosayamada, à Kami. Elle est connue localement pour la qualité de ses produits frais. Son offre de plats préparés, sushis et desserts élaborés à partir d’ingrédients sûrs est également très riche.

Notre recommandation !
Sushi campagnard de Value (734 ¥)
Le « sushi campagnard », spécialité de Kochi, est un beau sushi principalement garni de légumes et relevé de vinaigre de yuzu. Le magasin Value Noah, réputé pour son marché en circuit direct avec les producteurs locaux, le prépare essentiellement avec des ingrédients de la région, notamment des légumes de la préfecture de Kochi. Le riz associe la variété Nipponbare de la préfecture de Fukui au Koshihikari de Kochi. Ce mets traditionnel, préparé avec beaucoup de soin, était autrefois un véritable festin dans les régions montagneuses où le poisson arrivait difficilement.

9. Daikyo Value, magasin de Yanaga à Yanase, arrondissement de Minami, Fukuoka
Ce supermarché local propose une vaste gamme de plats préparés originaux privilégiant la qualité des ingrédients. Particulièrement réputé pour ses produits frais, il attire une grande foule au marché du dimanche matin et à celui du jeudi soir, où sont également vendus des plats préparés. Il commercialise aussi de nombreux produits transformés originaux devenus emblématiques, comme les pieds de porc rôtis au four.

Nos recommandations !
No 1 : Hagi-tozzo (410 ¥)
Malgré son apparence saisissante, ce produit original de Daikyo a conquis de plus en plus d’adeptes par sa saveur mettant les ingrédients en valeur, et a été largement présenté dans les médias. Cette douceur japonaise est un ohagi garni de crème fouettée. Elle utilise du riz gluant Hiyokumochi de la préfecture de Saga et du riz non gluant Hinohikari de la préfecture de Fukuoka, dans des proportions ajustées pour s’accorder avec la crème. La pâte d’azuki avec morceaux, préparée avec des haricots de Hokkaido, est subtilement salée. La délicieuse crème maison varie au fil des saisons. Comme si elle se mettait sur son trente-et-un, elle se décline en de nombreuses versions de Hagi-tozzo.

No 2 : pied de porc rôti (200 ¥ pièce)
Ce produit original est fabriqué depuis plus de 25 ans et se vend à raison de 200 à 250 pièces par jour. Les pieds de porc mijotent pendant trois heures et demie dans une grande marmite avec des oignons verts, du gingembre, du miso et du saké, jusqu’à devenir extrêmement tendres. Ils reposent ensuite au réfrigérateur afin de ne pas se défaire pendant la cuisson, puis sont grillés le lendemain matin jusqu’à ce que leur surface soit bien croustillante. Le meilleur moment pour les acheter tout juste préparés est le marché du dimanche matin ou celui du jeudi soir.

10. Chinen Shokai à Ishigaki, préfecture d’Okinawa
Ce magasin d’Ishigaki est la cuisine des habitants de l’île. Ses rayons de légumes, fruits et autres produits d’Okinawa sont agréables à parcourir. L’établissement propose également un vaste choix de copieux bentos et de pâtisseries traditionnelles ! Il est même possible d’y acheter des ustensiles de cuisine d’Okinawa.

Notre recommandation !
No 1 : Onisasa, onigiri et filet de poulet frit (à partir de 250 ¥)
L’Onisasa est une spécialité locale née chez Chinen Shokai. En libre-service, elle permet d’associer cinq sortes d’onigiri à plus de vingt types de fritures, notamment des filets de poulet. L’onigiri et la friture choisis sont placés dans un sachet en plastique, assaisonnés de sauce ou de mayonnaise, puis fortement pressés ensemble des deux mains à travers le sachet. Son nom vient de la combinaison d’un onigiri et d’un filet de poulet frit, « sasami fry », mais il existe en réalité plus de 500 associations possibles, toutes appelées « Onisasa ».

Conclusion
Partons à la découverte des supermarchés locaux !
Ces supermarchés locaux originaux donnent-ils envie de les visiter ? Indispensables à la vie quotidienne, ils sont pour les voyageurs de véritables trésors de produits régionaux. Ils permettent non seulement de chercher des souvenirs, mais aussi de découvrir la culture culinaire japonaise. Lors d’un voyage, il serait dommage de ne pas partir à leur recherche. Ils offrent une découverte plus approfondie des attraits de chaque région et promettent un séjour mémorable.
En cas de doute sur les produits typiques de la région, le mieux reste de demander aux habitants. Ils sauront certainement les indiquer avec gentillesse. Pourquoi ne pas également leur demander comment les déguster ?
Superviseur
Spécialiste des supermarchés locaux
Yoshimi Sugawara
Découvrez des produits d’exception appréciés des habitants !
