
Saigō Takamori
Une grande figure qui contribua à l’avènement d’une nouvelle époque et à la modernisation du Japon.
Saigō Takamori fut l’une des figures emblématiques des patriotes de la fin du shogunat qui œuvrèrent à la restauration de Meiji et conduisirent le Japon vers la modernité.
Il marqua l’histoire entre la fin de l’époque d’Edo (1603-1868) et le début de l’ère Meiji (1868-1912), mais reste également connu pour sa fin tragique.
Très estimé, Saigō Takamori était affectueusement surnommé « Segodon » (« Monsieur Saigō ») et demeure aujourd’hui encore un héros aimé des Japonais, en particulier dans sa région natale de Kagoshima.
Cet article présente de manière accessible sa personnalité et ses nombreuses réalisations à travers le récit de sa vie.
Points clés
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Un héros aimé des Japonais, en particulier dans sa région natale de Kagoshima.
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Il contribua à mettre fin au shogunat d’Edo, qui avait duré environ 260 ans, et à établir un nouveau gouvernement.
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Il œuvra à la modernisation du Japon et instaura des systèmes qui perdurent encore aujourd’hui.
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Il connut une fin tragique en se donnant la mort lors d’une guerre contre le gouvernement auquel il avait contribué.
Chronologie de Saigō Takamori
- 1828
- Naissance comme fils aîné d’un samouraï
- 1854
- Se rend à Edo en tant que proche conseiller de Shimazu Nariakira, seigneur du domaine de Satsuma
- 1862
- Désobéit aux ordres du domaine de Satsuma et est exilé sur l’île d’Okinoerabu
- 1864
- Retourne dans le domaine de Satsuma et commande l’armée qui défait le domaine de Chōshū
- 1866
- Participe à des pourparlers en vue de conclure l’alliance Satsuma-Chōshū
- 1867
- Rejoint le nouveau gouvernement de Meiji
- 1868
- S’entretient avec Katsu Kaishū en vue de la reddition sans effusion de sang du château d’Edo
- 1873
- Faute d’avoir obtenu l’envoi d’une mission en Corée, présente sa démission et retourne à Kagoshima
- 1874
- Fonde une école privée
- 1877
- La révolte des élèves de l’école privée déclenche la guerre de Satsuma. Se donne la mort après l’attaque de l’armée gouvernementale
Les grandes réalisations de Saigō Takamori
Saigō Takamori fut l’une des figures centrales qui contribuèrent à mettre fin au shogunat d’Edo, vieux d’environ 260 ans, et à instaurer un nouveau gouvernement.
À la fin de l’époque d’Edo, l’autorité du shogunat déclina après la signature de traités inégaux lors des négociations d’ouverture du pays imposées par les puissances étrangères, provoquant le mouvement sonnō jōi, qui prônait la primauté de l’empereur et l’expulsion des étrangers.
Saigō Takamori, alors au cœur du domaine de Satsuma, apaisa ce mouvement, conclut l’alliance Satsuma-Chōshū, fédéra les forces en présence et parvint à renverser le shogunat.
Enfin, au terme de négociations avec Katsu Kaishū, haut dignitaire du shogunat d’Edo, il accomplit l’exploit d’obtenir la reddition sans effusion de sang du château d’Edo.
Après la formation du nouveau gouvernement, il mena diverses réformes, notamment des systèmes d’enseignement, de fiscalité et de conscription qui ont encore des prolongements aujourd’hui, et œuvra activement à la modernisation du Japon.
Saigō Takamori est considéré, avec Ōkubo Toshimichi et Kido Takayoshi, deux autres artisans majeurs de la chute du shogunat et de la restauration, comme l’un des « trois grands héros de la restauration ».

La vie de Saigō Takamori
Si beaucoup connaissent le nom de Saigō Takamori, rares sont ceux qui connaissent en détail ses origines et ses réalisations.
Voici donc le récit de sa vie et de ce qu’il accomplit.
Le replacer dans le contexte de son époque permet de mieux encore apprécier sa personnalité.
Une enfance pauvre comme fils aîné d’un samouraï de rang inférieur
Saigō Takamori naquit en 1828 dans la province de Satsuma, l’actuelle préfecture de Kagoshima, comme fils aîné d’un samouraï de rang inférieur du domaine de Satsuma.
La famille Saigō comptant 16 personnes avec les membres de la famille et les domestiques, il passa son enfance dans un milieu qui était loin d’être aisé.
S’appliquant dès son plus jeune âge aux lettres comme aux arts martiaux, Saigō Takamori commença à étudier le confucianisme à 5 ans et intégra à 7 ans un gōjū de Satsuma, organisation autonome chargée d’éduquer et d’encadrer les enfants de samouraïs, où il reçut une solide éducation.
Il y étudia notamment aux côtés de son ami d’enfance Ōkubo Toshimichi, de trois ans son cadet, ainsi que d’autres jeunes hommes brillants qui occuperaient plus tard des postes importants au gouvernement.
Les affrontements avec d’autres gōjū étaient toutefois fréquents. Un jour, alors âgé de 11 ans, Saigō Takamori tenta de s’interposer dans une bagarre et fut blessé au bras droit, perdant la capacité de manier librement un sabre.
Cet événement le poussa à renoncer à la voie du guerrier et à se consacrer aux études.

Sa rencontre avec Shimazu Nariakira et leur séparation
À 16 ans, Saigō Takamori fut nommé kōrikata kakiyaku tasuke, un poste couvrant l’ensemble de l’administration agricole.
Sous les ordres de Sakoda Toshinari, un supérieur plein de caractère, il apprit la rigueur professionnelle tout en prenant douloureusement conscience des réalités et des injustices de la société, comme la pauvreté, la corruption et la mauvaise gouvernance.
Il commença alors à adresser fréquemment au domaine ses propres mémoires sur la politique agricole.
L’un d’eux attira l’attention de Shimazu Nariakira, onzième seigneur du domaine de Satsuma, donnant un tournant décisif à la vie de Saigō Takamori.
Nommé naka-okoshō, aide chargé des tâches courantes du seigneur, il rejoignit également le cortège du sankin kōtai.
Peu après son arrivée à Edo, il devint niwakata-yaku, secrétaire et garde du seigneur, connaissant ainsi une ascension exceptionnelle au service de Shimazu Nariakira.
Envoyé dans différentes régions sur ordre de son seigneur, Saigō Takamori rencontra des personnalités comme Fujita Tōko et Hashimoto Sanai, qui exercèrent une profonde influence sur son caractère et sa pensée.
Il développa ainsi son réseau et ses compétences politiques, mais Shimazu Nariakira mourut soudainement.
Profondément bouleversé, il envisagea de suivre son seigneur dans la mort, mais le moine Gesshō le convainquit de se consacrer de nouveau à son pays.

Sa nomination comme commandant suprême et responsable diplomatique de l’armée de Satsuma
En 1858 débuta la purge d’Ansei, répression des opposants au shogunat menée principalement par le grand conseiller Ii Naosuke, et Gesshō, partisan de la faction Hitotsubashi, fut pourchassé.
Saigō Takamori et ses compagnons le cachèrent, mais le domaine de Satsuma, réticent à le protéger, ordonna son « bannissement à Hyūga », autrement dit sa mise à mort.
Comprenant parfaitement ce qui les attendait, les deux hommes entrèrent dans la mer, résolus à mourir.
Gesshō mourut, mais Saigō Takamori survécut de justesse. Pour se cacher, il fut exilé sur l’île d’Amami Ōshima et prit le nom de Kikuchi Gengo.
Il revint ensuite dans le domaine de Satsuma grâce aux manœuvres d’Ōkubo Toshimichi, mais provoqua la colère de Shimazu Hisamitsu, qui détenait le pouvoir réel, et fut de nouveau exilé, d’abord sur l’île de Tokunoshima puis sur celle d’Okinoerabu.
Pendant son exil, le Japon traversait une période de tension marquée par une succession d’événements historiques.
En 1862 eut lieu l’incident de Namamugi, au cours duquel des samouraïs de Satsuma tuèrent un Britannique. L’année suivante, les représailles britanniques déclenchèrent la guerre anglo-satsuma.
Par ailleurs, les relations avec le domaine de Chōshū se détériorèrent après le coup d’État du 18 août, lors duquel Satsuma et d’autres domaines chassèrent de Kyoto les partisans du mouvement sonnō jōi.
Shimazu Hisamitsu se retrouva alors dans une impasse et Saigō Takamori fut gracié, son retour étant réclamé au sein d’un domaine de Satsuma qui déplorait le manque d’hommes compétents.
De retour après environ un an et demi, il fut nommé gunbuyaku ken shohan ōsetsu-gakari, soit commandant suprême de l’armée et responsable des affaires diplomatiques, et devint l’un des hauts dignitaires du domaine de Satsuma.

L’alliance avec le domaine ennemi de Chōshū
De retour dans le domaine de Satsuma, Saigō Takamori commanda les troupes lors de l’incident de la porte Hamaguri à Kyoto et parvint à vaincre le domaine de Chōshū.
Cet événement accentua encore l’hostilité entre Satsuma et Chōshū, et le shogunat reçut un ordre impérial de lancer une expédition punitive contre Chōshū, la première expédition de Chōshū.
Nommé stratège, Saigō Takamori s’entretint avec Katsu Kaishū, haut dignitaire du shogunat d’Edo, et choisit finalement une solution pacifique.
Après avoir convaincu le shogunat et le domaine de Chōshū, l’ordre d’expédition fut levé et la première expédition de Chōshū prit fin sans combat entre les deux camps.
Cependant, les appels à attaquer de nouveau Chōshū se multiplièrent au sein du shogunat, qui ordonna une seconde expédition.
À la même époque, par l’intermédiaire de Sakamoto Ryōma, les domaines rivaux de Satsuma et de Chōshū se rapprochèrent.
Sakamoto Ryōma proposa des conditions avantageuses pour les deux parties et les incita chacune à faire un pas vers l’autre. Elles se réconcilièrent et conclurent l’alliance Satsuma-Chōshū.
Grâce à cette alliance, le domaine de Satsuma renonça à participer à la seconde expédition de Chōshū.
Bien qu’inférieur en nombre, le domaine de Chōshū passa à l’offensive grâce au moral élevé de ses troupes. La mort soudaine du quatorzième shogun, Tokugawa Iemochi, scella finalement l’échec de l’armée shogunale et mit fin à la seconde expédition de Chōshū.

La formation du nouveau gouvernement
Après la mort de Tokugawa Iemochi, Tokugawa Yoshinobu devint le quinzième shogun.
Alors que le mouvement en faveur du renversement du shogunat gagnait en intensité, les puissants représentants des domaines de Satsuma, Chōshū et Tosa élaborèrent une stratégie lors de la conférence des quatre seigneurs, sans parvenir à s’accorder.
Ōkubo Toshimichi et ses alliés obtinrent alors de la cour un ordre impérial secret visant à renverser le shogunat, mais Tokugawa Yoshinobu les devança en soumettant la restitution du pouvoir politique à la cour impériale, le taisei hōkan.
Non seulement ce geste fit échouer le projet de renversement du shogunat, mais l’absence de personnalités disposant de compétences politiques du côté de la cour permit à des nobles proches du shogunat de prendre le pouvoir, tandis que Tokugawa Yoshinobu conserva l’autorité réelle.
Saigō Takamori, Iwakura Tomomi et leurs alliés fomentèrent alors un coup d’État afin d’écarter les nobles proches de Yoshinobu et, sur ordre de l’empereur Meiji, proclamèrent la restauration du gouvernement impérial.
L’opération réussit : le shogunat d’Edo fut aboli, les trois fonctions de président, conseiller supérieur et conseiller furent créées, et un nouveau gouvernement vit le jour.
Lors de la conférence de Kogosho tenue le même jour, il fut également décidé que Tokugawa Yoshinobu restituerait à la cour son rang officiel et ses terres.

La reddition sans effusion de sang du château d’Edo
Après leur perte de pouvoir, Tokugawa Yoshinobu et les forces de l’ancien shogunat s’établirent au château d’Osaka, mais commencèrent à marcher vers Tokyo après avoir reçu l’ordre de combattre le domaine de Satsuma.
En 1868 éclata la guerre de Boshin, avec la bataille de Toba-Fushimi, au cours de laquelle les forces du nouveau gouvernement les affrontèrent.
Alors que l’armée du nouveau gouvernement prenait l’avantage, Tokugawa Yoshinobu s’enfuit au château d’Edo et la cour ordonna sa poursuite.
Le conflit se déplaça ainsi à Edo. Saigō Takamori, stratège adjoint du quartier général de l’expédition orientale, se préparait au château de Sunpu à lancer l’assaut général contre Edo.
Peu avant l’attaque, Yamaoka Tesshū, envoyé de Tokugawa Yoshinobu, se présenta devant Saigō Takamori avec une lettre exprimant sa volonté de se soumettre.
Saigō Takamori accepta de négocier et proposa les « sept conditions concernant le sort des Tokugawa ». Après plusieurs échanges, un accord fut trouvé.
Sur cette base, il rencontra Katsu Kaishū à deux reprises. La remise du château d’Edo fut décidée à certaines conditions, notamment l’assignation à résidence de Tokugawa Yoshinobu à Mito et la restitution des armes.
L’assaut général contre Edo fut ainsi annulé et Saigō Takamori obtint la reddition du château d’Edo sans effusion de sang.
D’autres affrontements avec les forces opposées au nouveau gouvernement suivirent, notamment la bataille d’Ueno, mais leur capitulation lors de la bataille de Hakodate mit fin à la guerre de Boshin.

Les différentes réformes du nouveau gouvernement
Après l’établissement du gouvernement de Meiji, Saigō Takamori refusa d’y rester et retourna dans sa région natale, où il participa à l’administration du domaine de Satsuma.
De son côté, le gouvernement de Meiji perdit rapidement son autorité en raison de la corruption de ses responsables et de plusieurs révoltes, tout en peinant à assurer ses finances.
Il demanda donc à Saigō Takamori, très respecté, de revenir au gouvernement afin de mener la réforme administrative dite de l’abolition des domaines et de l’instauration des préfectures, qui supprimait les domaines régionaux pour les placer directement sous le contrôle du nouveau gouvernement.
Les efforts de persuasion menés principalement par Ōkubo Toshimichi portèrent leurs fruits. Saigō Takamori accepta et fut invité à rejoindre une force militaire appelée Goshinpei, la garde impériale.
Anticipant la résistance des seigneurs de domaine, il mit résolument en œuvre cette réforme en 1871, quatrième année de l’ère Meiji, prêt à recourir à la force si nécessaire.
La même année, Iwakura Tomomi, Kido Takayoshi et les autres membres de la mission Iwakura partirent pour l’Europe et les États-Unis afin de réviser les traités inégaux.
Resté au Japon, Saigō Takamori devint de fait le chef du gouvernement intérimaire et mit activement en œuvre des politiques telles que l’ordonnance de conscription, le système scolaire et la réforme de l’impôt foncier.
Mais une promesse de ne pas entreprendre de réformes avait été échangée entre la mission Iwakura et le gouvernement intérimaire, ce qui provoqua des tensions entre les deux parties.

Son suicide lors de la guerre de Satsuma
Alors que les tensions s’accentuaient, le gouvernement de Meiji était également confronté à des problèmes diplomatiques, notamment à un conflit autour du débat sur la conquête de la Corée.
Saigō Takamori maintint sa proposition de se rendre lui-même en Corée et parvint à la faire adopter en conseil des ministres, mais la pression des opposants fit revenir le gouvernement sur cette décision et l’expédition en Corée fut reportée.
Furieux, Saigō Takamori annonça sa démission et retourna à Kagoshima. Environ 600 fonctionnaires et militaires qui partageaient sa position démissionnèrent à leur tour. Ce fut la crise politique de 1873.
Après son retour, Saigō Takamori menait une vie paisible, consacrée notamment à la chasse et aux cures thermales, lorsqu’on lui proposa de fonder une école privée.
Il participa à sa création, puis l’école étendit progressivement son influence jusqu’à contrôler la politique préfectorale.
Les révoltes de membres de l’ancienne classe des samouraïs, privés de leurs privilèges, se succédaient alors. Le gouvernement de Meiji observait donc avec méfiance la situation à Kagoshima, tandis que les anciens samouraïs mécontents espéraient un soulèvement.
Les deux camps se surveillèrent mutuellement, mais en 1877, estimant que les samouraïs étaient arrivés à la limite de leur patience, Saigō Takamori décida de prendre les armes.
La guerre de Satsuma, opposant l’armée de Saigō aux forces gouvernementales chargées de la réprimer, éclata ainsi à Kumamoto et donna lieu à près de sept mois de combats acharnés.
Lorsque la victoire de l’armée gouvernementale devint certaine, Saigō Takamori mourut à 49 ans, décapité par un vassal qui l’assista dans son suicide.
Bien qu’il eût joué un rôle majeur dans la restauration de Meiji, il fut considéré après sa mort comme un traître et déchu de son rang, une fin tragique.
Cependant, grâce aux efforts de l’empereur Meiji et d’autres admirateurs de sa personnalité, il reçut à titre posthume le troisième rang supérieur en 1889 et fut réhabilité.

Anecdotes sur Saigō Takamori
Saigō Takamori mena une vie mouvementée, riche en expériences, qui a laissé de nombreuses anecdotes.
En voici trois parmi les plus célèbres.
Ces épisodes permettent de mieux comprendre la personnalité encore énigmatique de Saigō Takamori.
Un passionné de chiens qui en posséda plus de dix
Saigō Takamori était célèbre pour son amour des chiens et en aurait possédé plus de dix à certaines périodes.
Tsun, le chien de Satsuma représenté à ses côtés sur une statue, est particulièrement connu.
À l’époque, les chiens étaient généralement élevés pour la chasse. Le simple fait d’en faire des animaux de compagnie témoigne déjà de son affection pour eux, mais d’autres anecdotes illustrent également cette passion.
La plus célèbre raconte qu’il donnait à ses chiens, avant de se servir lui-même, des aliments destinés aux humains comme de l’anguille ou du poulet.
On raconte aussi qu’il emmenait ses chiens à la guerre, notamment sur les champs de bataille de la guerre de Satsuma, où il trouva la mort.
À la fin, souhaitant au moins sauver leur vie, il leur aurait retiré leur collier et les aurait laissés s’enfuir, un geste bien à son image.

La colère de son épouse ? La statue du parc d’Ueno
Le parc d’Ueno abrite une statue de Saigō Takamori, considérée comme l’une des trois grandes statues de Tokyo.
Après sa réhabilitation en 1889, un projet de statue vit le jour et fut achevé en 1898.
Une anecdote célèbre raconte que son épouse Itoko, invitée à la cérémonie d’inauguration, s’exclama avec colère : « Mon mari n’était pas comme cela », laissant perplexe son beau-frère Saigō Jūdō.
Sa colère tenait à l’apparence de la statue, qui représente Saigō Takamori en yukata, chaussé de sandales de paille et accompagné d’un chien.
Elle aurait voulu dire qu’un homme ayant accompli de tels exploits méritait d’être représenté en tenue de cérémonie et qu’il ne sortait d’ailleurs jamais habillé ainsi.

Une obésité qui nécessitait un traitement
Saigō Takamori ne buvait pas d’alcool, mais aimait le porc gras et l’anguille, et semblait également raffoler des douceurs comme le castella.
Sans habitude d’exercice et extrêmement occupé par la restauration de Meiji, il prit progressivement de l’embonpoint et dépassa les 100 kg.
Préoccupé par son état, l’empereur Meiji ordonna qu’il soit examiné par un médecin allemand, qui diagnostiqua un syndrome métabolique.
Saigō Takamori entreprit donc un traitement contre l’obésité, autrement dit un régime, fondé sur des restrictions alimentaires, des médicaments, la chasse et la marche, et parvint à descendre à 80 kg en trois ans.

Citations de Saigō Takamori
Comme d’autres grandes figures de l’histoire, Saigō Takamori a laissé à la postérité diverses citations et maximes telles que celles-ci.
- Faites-le résolument. J’en prendrai la responsabilité.
- « Les fleurs de prunier s’embellissent en endurant la neige. » Après avoir supporté et surmonté les épreuves vient un grand épanouissement.
- « Ce n’est qu’après avoir traversé maintes épreuves que la volonté devient ferme. » La détermination ne se forge qu’après avoir vécu de nombreuses expériences douloureuses.
La plus célèbre reste « Keiten aijin », la devise de Saigō Takamori.
Cette expression signifie « respecter le Ciel, c’est-à-dire toutes choses, et aimer les hommes ».
Plus simplement, elle enseigne l’importance de « respecter tout ce qui existe en ce monde comme précieux et de faire preuve de bienveillance envers tous, soi-même compris ».
Elle exprime bien la personnalité de Saigō Takamori, qui traitait chacun avec égalité sans distinction d’origine ni de sexe et était aimé d’un grand nombre de personnes.
Il aurait particulièrement défendu ce principe dans les domaines de l’étude et de l’éducation, et cette expression reste aujourd’hui appréciée des dirigeants d’entreprise.
Lieux liés à Saigō Takamori
Voici trois lieux liés à Saigō Takamori.
Tous sont recommandés pour ressentir concrètement ses réalisations et l’atmosphère de la fin du shogunat.
Pour en apprendre davantage sur Saigō Takamori, ces lieux méritent une visite approfondie.
1. Parc d’Ueno Onshi (parc d’Ueno)
Situé dans l’arrondissement de Taitō à Tokyo, le parc d’Ueno porte officiellement le nom de parc d’Ueno Onshi. Placé sous l’autorité du Bureau de la construction du gouvernement métropolitain de Tokyo, ce parc historique couvre une vaste superficie de 530 000 m².
Au printemps, les touristes japonais et étrangers y affluent pour admirer les cerisiers en fleurs, ce qui en fait l’un des principaux sites touristiques de Tokyo.
Comme évoqué précédemment, il abrite une statue de Saigō Takamori qui constitue également un lieu prisé pour les photos.

2. Shiroyama
Depuis l’observatoire de Shiroyama, situé à environ 107 m d’altitude, la vue embrasse la ville, la baie de Kinkō et le Sakurajima.
Les environs furent le théâtre des derniers combats acharnés de la guerre de Satsuma et conservent en de nombreux endroits les traces de Saigō Takamori. C’est un lieu incontournable pour comprendre l’histoire de Kagoshima. Plusieurs sites historiques y subsistent, notamment la statue de Saigō Takamori, la grotte de Saigō, où se trouvait le quartier général de son armée et où il passa les cinq jours précédant son suicide, ainsi que le lieu de la mort de Saigō Takamori.

3. Parc Kōzan
Ce vaste parc figure parmi les « 100 parcs historiques du Japon ».
Il abrite de nombreux sites historiques, dont une pagode à cinq étages classée Trésor national.
La pagode à cinq étages du temple Rurikō-ji, Trésor national et principale attraction du parc, est la dixième plus ancienne pagode de ce type encore conservée au Japon.
Le Chinryūtei, reconstitution d’un bâtiment où se réunirent des acteurs majeurs de la fin du shogunat comme Saigō Takamori et Ōkubo Toshimichi du domaine de Satsuma, ou Kido Takayoshi du domaine de Chōshū, est également incontournable.

Photos
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Une grande figure qui contribua à l’avènement d’une nouvelle époque et à la modernisation du Japon
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Saigō Takamori œuvra à l’avènement d’une nouvelle époque et à la modernisation du Japon
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Dans son enfance, Saigō Takamori renonça à devenir guerrier et se consacra aux études
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Il connut une ascension exceptionnelle, passant d’un poste chargé de l’administration agricole à celui de proche conseiller du seigneur
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L’île d’Okinoerabu, où Saigō Takamori fut exilé
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Sakamoto Ryōma, principal artisan de l’alliance Satsuma-Chōshū
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Le palais impérial de Kyoto, où fut proclamée la restauration du gouvernement impérial
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Katsu Kaishū, qui négocia avec Saigō Takamori
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Le découpage en préfectures qui subsiste dans le Japon actuel fut établi à cette époque
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Statue d’un chien de Satsuma appartenant à Saigō Takamori
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À l’occasion d’une visite au parc d’Ueno, prenez le temps d’observer attentivement la statue
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Saigō Takamori souffrait de ce que l’on appellerait aujourd’hui un syndrome métabolique
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L’un des plus grands sites de Tokyo pour admirer les cerisiers en fleurs
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Le meilleur point de vue de la ville
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Un parc empreint d’histoire abritant une pagode à cinq étages classée Trésor national
Profil de Saigō Takamori
- Nom
- Saigō Takamori
- Année de naissance
- 1828
- Année de décès
- 1877
- Âge au décès
- 49 ans
- Lieu de naissance
- Préfecture de Kagoshima