
Tout savoir avant de recevoir un omamori
Pour les Japonais, l’omamori est une sorte de soutien spirituel qui accompagne leurs prières et leurs souhaits.
Cet objet porte-bonheur transmis depuis l’Antiquité constitue encore aujourd’hui une tradition culturelle profondément ancrée dans la vie quotidienne.
Il en existe de nombreux types et l’on considère que le porter avec gratitude permet de bénéficier de ses bienfaits.
Cet article présente de manière exhaustive les omamori, notamment leur origine, leurs effets et la manière de les choisir.
Cette lecture permettra de mieux les comprendre et d’enrichir une prochaine visite au Japon.
L’omamori, un porte-bonheur qui soutient les Japonais
Un omamori est une petite pochette ou amulette remise dans un sanctuaire shinto ou un temple bouddhiste. On considère qu’il apporte ses bienfaits à la personne qui le porte.
Depuis l’Antiquité, les gens le gardaient près d’eux comme objet de dévotion afin de se protéger des malheurs et de voir leurs souhaits se réaliser.
Il demeure un soutien spirituel pour les Japonais d’aujourd’hui et peut être considéré comme l’un des porte-bonheur profondément ancrés dans leur vie quotidienne.
Il existe une grande variété d’omamori correspondant à différents objectifs, comme la santé, l’amour ou les études, et renfermant des prières ou des formules de bon augure.
Leur design varie également selon les sanctuaires et les temples du Japon, des modèles japonais traditionnels aux créations modernes et colorées.

Origine et histoire des omamori
Il existe plusieurs théories sur l’origine des omamori, qui remonterait à la période Jōmon, d’environ 18 000 av. J.-C. à 300 av. J.-C.
Les populations anciennes croyaient aux forces de la nature et des divinités, dans le cadre du culte des esprits. Les magatama, ornements qu’elles portaient pour éloigner les mauvais esprits et prévenir les malheurs, seraient à l’origine des omamori.
À l’époque de Nara, de 710 à 794, l’influence du bouddhisme a entraîné l’apparition d’omamori remis dans les temples.
À l’époque de Heian, de 794 à 1185, ils se sont répandus parmi les aristocrates et les guerriers, qui les utilisaient pour prier pour leur sécurité sur le champ de bataille et la santé de leur famille.
À l’époque d’Edo, de 1603 à 1868, l’amélioration des conditions de vie de la population a généralisé la coutume de se rendre dans les sanctuaires et les temples.
Comme aujourd’hui, les gens portaient alors des omamori pour prier notamment pour la sécurité des déplacements et pour leur santé.
À partir de l’époque moderne, ils sont devenus populaires sous diverses formes, notamment comme souvenirs et objets commémoratifs, et le restent encore aujourd’hui.

Des omamori aux couleurs, formes et designs variés
L’omamori prend généralement la forme d’une petite pochette en tissu fermée par un cordon.
Le design de la pochette reflète la personnalité de chaque sanctuaire ou temple. Beaucoup sont brodées de motifs japonais traditionnels ou de symboles propres au lieu.
Leurs couleurs et leurs motifs sont très variés et sont choisis en fonction du souhait ou de l’objectif de leur détenteur.
Le jaune, par exemple, symbolise souvent la bonne fortune financière, tandis que le vert représente la nature et la vitalité.
Le cordon peut également être noué de plusieurs façons. Le nœud nijū kanō, de bon augure et associé à la réalisation des souhaits, est le plus courant.

Que contient la pochette d’un omamori ?
La pochette d’un omamori contient un objet sacré sur lequel des prières ont été récitées dans un sanctuaire ou un temple.
Il s’agit principalement d’un talisman en papier ou en bois, d’une amulette, d’une petite pierre, d’un minéral ou d’un morceau de papier portant le nom de la divinité vénérée ou certains mots.
Certains contiennent aussi une pièce de cinq yens, évoquant les liens favorables, ou une petite clochette destinée à chasser les influences néfastes.
Le contenu est censé renfermer le pouvoir de protéger son détenteur et de réaliser ses souhaits. Ouvrir la pochette ferait perdre sa force spirituelle à l’omamori et réduirait ses effets.
L’ouvrir par simple curiosité risquerait aussi de l’endommager : mieux vaut donc éviter de le manipuler inutilement. Ouvrir la pochette ne provoque toutefois pas de malheur.
L’essentiel est de traiter l’omamori avec soin et de respecter les divinités et les bouddhas.

Différences entre les omamori des sanctuaires et des temples
Comme indiqué précédemment, les omamori sont remis dans les sanctuaires shinto comme dans les temples bouddhistes.
Leur forme et leur objectif sont similaires, mais leur signification et leur finalité diffèrent selon leur contexte religieux. Le tableau ci-dessous résume leurs caractéristiques respectives.
Il est préférable de se rendre dans un lieu correspondant à ses croyances et à ses souhaits afin de choisir l’omamori le plus adapté.
| - | Sanctuaire shinto | Temple bouddhiste |
|---|---|---|
| Croyance | Fondé sur le shintoïsme et la croyance dans les innombrables divinités | Fondé sur les enseignements bouddhistes et la protection des bouddhas et bodhisattvas |
| Bienfaits recherchés | Santé, sécurité routière, rencontres favorables, accouchement sans complication, etc. Souvent associés à des souhaits précis | Protection contre les malheurs, guérison, sécurité du foyer, prospérité commerciale, etc. Souvent associés à des souhaits plus larges |
| Design | Nom ou emblème du sanctuaire, motifs japonais, etc. | Sūtras, caractères sanskrits et symboles de statues bouddhiques, etc. |
| Couleurs | Couleurs et ornements variés | Couleurs et ornements sobres |
| Contenu de la pochette | Talismans ou amulettes bénis dans le sanctuaire, censés protéger leur détenteur | Sūtras bouddhiques ou petites reproductions de statues, censés apporter la protection du Bouddha |
Où recevoir un omamori dans un sanctuaire ou un temple
Dans les sanctuaires comme dans les temples, les omamori sont généralement disponibles à un comptoir dédié appelé juyosho ou au bureau administratif, le shamusho.
Ces espaces se trouvent souvent près du bâtiment principal afin de pouvoir s’y arrêter au cours de la visite, après avoir d’abord salué les divinités ou les bouddhas comme le veut l’usage.
Des prêtres shinto ou des miko y sont généralement présents et peuvent répondre aux questions.
Ces dernières années, les boutiques en ligne se multiplient également. Les sanctuaires et temples populaires peuvent ainsi expédier leurs omamori par le biais d’une remise en ligne.
À propos des omamori, on ne parle pas d’« achat » ou de « vente », mais de « réception » ou de « remise ». En japonais, on les compte en utilisant le classificateur tai : ittai, nitai, etc.
Ce vocabulaire exprime le respect dû aux divinités et aux bouddhas qui font l’objet du culte.
Il convient donc de recevoir un omamori avec gratitude.

Quatre précautions avant d’offrir un omamori en souvenir
Il n’y a généralement aucun problème à offrir un omamori en souvenir.
Il permet de découvrir la culture traditionnelle japonaise tout en exprimant un souhait de bonheur ou de réussite pour son destinataire, ce qui le rend populaire auprès des visiteurs étrangers.
Il faut toutefois tenir compte des quatre points suivants au moment de l’offrir.
- 1. Choisir un omamori adapté à la situation du destinataire
-
Il existe de nombreux types d’omamori, chacun apportant des bienfaits correspondant à un objectif. Un modèle adapté à la situation ou au souhait du destinataire sera davantage apprécié.
Exemples : réussite scolaire pour un candidat à un examen, accouchement sans complication pour une femme enceinte, etc. - 2. Tenir compte des croyances et de la religion
- Les omamori étant liés au shintoïsme ou au bouddhisme, il faut respecter les convictions religieuses du destinataire. Cela pose rarement problème au Japon, où beaucoup de personnes n’ont pas de religion particulière, mais il est plus prudent de se renseigner au préalable auprès d’une personne sensible aux questions religieuses.
- 3. L’offrir avec respect
- Il est préférable de l’emballer soigneusement et de l’accompagner d’un message sincère exprimant sa gratitude. Cette attention témoignera de la considération portée au destinataire et rendra le cadeau plus apprécié.
- 4. Choisir le bon moment
- L’idéal est de l’offrir à un moment où le destinataire ne se sentira pas obligé, afin que l’attention portée à son égard soit mieux perçue.
Choisir un omamori adapté à son souhait
Comme indiqué précédemment, il existe une très grande variété d’omamori.
Il faut donc en choisir un dont les bienfaits correspondent à son propre souhait ou à celui de la personne à qui il sera offert.
Les bienfaits variant selon les sanctuaires et les temples, il est également recommandé de vérifier à l’avance quelles divinités ou quels bouddhas y sont vénérés.
Voici quatre grandes catégories d’omamori et leurs bienfaits respectifs.
Omamori liés à la santé
Les omamori destinés à préserver la santé physique et mentale au quotidien et à prier pour la prévention ou la guérison des maladies sont également très populaires.
Les quatre types suivants sont les plus représentatifs, mais il en existe beaucoup d’autres, dont certains ciblent une partie précise du corps, comme les jambes ou le bas du dos.
- Guérison d’une maladie
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Prier pour un rétablissement et une guérison rapides après une maladie ou une blessure précise, afin de retrouver la santé.
Ils sont également censés apaiser leur détenteur et atténuer son anxiété. - Santé et protection contre les malheurs
-
Prier pour être protégé des maladies et des malheurs et vivre chaque jour en bonne santé.
Ils conviennent aux personnes qui souhaitent préserver leur santé et leur sécurité au quotidien ainsi que la sérénité de leur foyer ou de leur lieu de travail. - Longévité
-
Prier pour rester en bonne santé et mener à son terme une vie longue, paisible et épanouissante.
Ce souhait concerne non seulement le corps, mais aussi la sérénité de l’esprit et une vie heureuse. - Accouchement sans complication
- Prier pour la santé de la mère et de l’enfant pendant la grossesse ainsi que pour un accouchement sans complication. Ils sont censés apaiser les inquiétudes jusqu’à la naissance et sont généralement reçus lors d’un « jour du Chien », au cinquième mois de grossesse.
Omamori liés aux rencontres favorables
L’en-musubi consiste à prier pour créer de bonnes relations entre les personnes.
Ses bienfaits ne concernent pas seulement l’amour, mais aussi le mariage, l’amitié et les relations professionnelles, entre autres.
Il permettrait de renforcer les liens existants, tout en attirant les relations nécessaires dans sa vie, comme une rencontre déterminante ou un lien à approfondir. Voici quatre omamori représentatifs liés à l’en-musubi.
- Réussite amoureuse
-
Prier pour voir son amour partagé par la personne aimée ou rencontrer le partenaire idéal, futur conjoint ou partenaire amoureux.
Ils sont censés accroître la chance en amour et approfondir une relation existante. - Harmonie conjugale
-
Prier pour renforcer les liens du couple et construire une relation harmonieuse fondée sur l’amour et l’entente.
Ils sont censés apporter paix et bonheur au foyer et renforcer la confiance mutuelle. - Rencontre favorable
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Prier pour rencontrer des personnes remarquables qui enrichiront la vie et mèneront au bonheur ou à la réussite.
Ils sont censés attirer de bonnes relations humaines dans diverses situations. - Fertilité
-
Prier pour avoir la chance d’avoir un enfant, principalement à l’intention des personnes qui essaient de concevoir et des couples souhaitant une grossesse.
Ils sont censés favoriser la naissance d’un enfant en bonne santé et avoir également un effet apaisant.
Omamori liés à la bonne fortune
Les omamori destinés à attirer la bonne fortune répondent souvent à des souhaits précis liés notamment au travail ou aux études.
Portés en période d’inquiétude face à l’avenir ou à un défi, ils sont censés améliorer la chance dans divers domaines. En voici quatre types principaux.
- Prospérité commerciale
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Prier pour la réussite et la prospérité d’une activité, notamment pour accroître les bénéfices ou attirer des clients.
Ils sont censés améliorer la chance dans les affaires et au travail. - Bonne fortune financière
-
Prier pour améliorer sa fortune et obtenir stabilité et prospérité financières.
Ils sont censés accroître la chance financière de leur détenteur, favoriser la réussite professionnelle et l’augmentation des revenus, et prévenir les dépenses inutiles. - Réussite scolaire
- Prier pour réussir ses études et ses examens. Ils sont censés accroître la chance scolaire de leur détenteur et améliorer sa concentration et sa mémoire afin que ses efforts portent leurs fruits.
- Réussite aux examens
- Prier pour atteindre son objectif lorsque l’on passe un examen, un concours ou une certification. Ils sont censés apporter la protection des divinités et des bouddhas afin que les efforts quotidiens portent leurs fruits et que le candidat puisse donner le meilleur de lui-même le jour de l’épreuve.
Omamori de protection contre les malheurs
Le yakuyoke consiste à prier pour éviter les catastrophes, la malchance et les accidents de la vie, et mener une existence paisible et sans encombre.
Porté pendant un an, l’omamori est censé écarter divers malheurs et attirer chance, santé et sécurité.
Conformément aux croyances japonaises traditionnelles, des prières sont aussi souvent effectuées durant les yakudoshi, âges considérés comme néfastes.
Les principaux omamori de protection contre les malheurs sont présentés ci-dessous.
- Bonne fortune et protection contre les calamités
-
Ils sont réputés améliorer la chance de leur détenteur et le protéger de la malchance et des catastrophes.
Ils sont censés lui insuffler une énergie positive et le guider dans la bonne direction. - Protection liée aux directions
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Prier pour éviter les malheurs susceptibles de survenir en se dirigeant dans une direction particulière lors d’un déménagement, d’un voyage ou d’un changement d’emploi.
Ils sont censés apaiser les influences néfastes associées à une direction et protéger leur détenteur. - Sécurité routière
-
Prier pour des déplacements sûrs et la prévention des accidents de la route.
Ils sont censés encourager une conduite prudente et prévenir les accidents. - Sécurité du foyer
-
Prier pour la paix et la sécurité du foyer.
Ils sont censés veiller sur toute la famille et préserver sa santé et son bonheur.
Comment porter un omamori
On dit que suspendre un omamori à son cou avec un cordon est le meilleur moyen de bénéficier de ses bienfaits.
Cela étant peu pratique, il suffit en réalité de le garder constamment sur soi.
Si cela est difficile, il faut le conserver chez soi dans un endroit lumineux, surélevé et bien visible.
Même s’il est traité avec soin, il ne faut pas le ranger dans un bureau ou un autre meuble. Dans la mesure du possible, il est préférable de l’exposer régulièrement à l’air extérieur.
La manière la plus efficace de le porter diffère également selon son type.
- Omamori liés aux études
- Dans la trousse ou le sac utilisés au quotidien ; dans la poche poitrine d’un vêtement pendant un examen
- Omamori liés à l’amour
- Dans une poche intérieure du sac, avec les clés ou dans un agenda, par exemple
- Omamori liés à la fortune financière
- Dans un portefeuille, sans le placer dans une poche arrière, ou dans un étui pour livret bancaire
- Omamori liés à la santé et à la protection contre les malheurs
- Les garder toujours sur soi, dans un sac ou un portefeuille
- Omamori de sécurité routière
- Dans un sac ou avec les clés
Précautions à prendre lorsque l’on porte plusieurs omamori
Il n’y a aucun problème à porter plusieurs omamori : leurs bienfaits ne diminueraient pas et leurs effets ne s’annuleraient pas.
Depuis l’Antiquité, le Japon possède une tradition polythéiste selon laquelle une divinité réside en toute chose. Diverses croyances et formes de culte, notamment shintoïstes et bouddhistes, y ont ainsi coexisté.
Ces croyances sont complémentaires et les divinités ont des rôles et des bienfaits différents.
Il convient toutefois de traiter soigneusement les omamori en tenant compte des quatre précautions suivantes lorsque l’on en transporte plusieurs.
Tenir compte de la compatibilité des bienfaits et des objectifs
Lorsque l’on transporte des omamori provenant de différents sanctuaires ou temples, il faut tenir compte de leur compatibilité.
Il est généralement préférable de choisir des omamori aux bienfaits différents.
Associer par exemple des omamori consacrés à la santé, à la fortune financière et à la réussite scolaire permet de les utiliser selon l’objectif recherché et de mieux organiser ses pensées.

Ne porter qu’un seul omamori d’en-musubi
Il est préférable de ne choisir qu’un seul omamori d’en-musubi.
Celui-ci est en effet destiné à favoriser la rencontre avec la personne de son destin, qu’il s’agisse d’un partenaire amoureux ou d’un futur conjoint.
Au Japon, où l’on ne peut épouser qu’une seule personne, en porter plusieurs reviendrait à rechercher de nombreuses rencontres et risquerait donc de produire l’effet inverse.
Les personnes qui souhaitent sérieusement faire une bonne rencontre doivent le choisir avec soin.

Prendre soin de chaque omamori
Transporter plusieurs omamori ne signifie pas que l’on recevra davantage de bienfaits.
Il est essentiel de les traiter soigneusement chaque jour et de vivre sans oublier sa gratitude.
Même si l’on en possède plusieurs, il faut respecter chacun d’eux et en prendre soin.

Soigner leur disposition lorsque l’on en transporte trois ou plus
Lorsque l’on transporte plusieurs omamori, les divinités et les bouddhas risquent de s’influencer mutuellement et d’empêcher leurs bienfaits d’agir pleinement.
À partir de trois omamori, il faut donc les disposer de façon que celui de la divinité ou du bouddha de rang supérieur se trouve au-dessus, ou au centre s’ils sont placés horizontalement, ou porter chacun séparément.

Les omamori ont-ils une durée de validité ?
En principe, aucune durée de validité n’est fixée pour les omamori.
Comme ce sont des porte-bonheur bénéficiant de la protection des divinités et des bouddhas, il est possible de les garder longtemps s’ils sont correctement conservés.
Il existe néanmoins une croyance selon laquelle conserver un vieil omamori attirerait la malchance.
Elle vient de l’idée que son efficacité dure généralement environ un an et que son pouvoir finit par s’épuiser avec le temps.
Beaucoup de personnes reçoivent donc un nouvel omamori lors d’étapes marquantes comme la première visite de l’année dans un lieu de culte ou Setsubun.
Son efficacité varie toutefois selon son type, le souhait formulé et la situation de son détenteur.
Un omamori de réussite amoureuse peut par exemple être considéré comme ayant achevé sa mission lorsque son détenteur a rencontré le partenaire idéal et que son souhait s’est réalisé.
De même, il est naturel de vouloir conserver un omamori reçu d’une personne chère plutôt que de le restituer.
Autrement dit, il n’est pas nécessaire de se préoccuper de sa durée de validité si l’on suit ses propres sentiments et convictions.

Prendre soin de son omamori et rester reconnaissant jusqu’au bout : comment le restituer
Lorsqu’un omamori a rempli son rôle, il est généralement restitué à un sanctuaire ou à un temple.
Considéré comme un objet sacré ayant bénéficié de la protection des divinités ou des bouddhas, il ne faut jamais le traiter avec désinvolture, par exemple en le jetant à la poubelle.
La méthode la plus appropriée consiste à le restituer au sanctuaire ou au temple où il a été reçu afin qu’il soit brûlé rituellement.
Il faut exprimer sa gratitude puis le déposer dans le kosatsu osamejo ou nōsatsujo prévu à cet effet dans l’enceinte.
Cette restitution est généralement gratuite, mais il est possible de manifester sa gratitude en déposant dans le tronc à offrandes voisin une somme jugée appropriée.
S’il est difficile de retourner dans un lieu éloigné, de nombreux établissements acceptent aussi les restitutions par courrier ou dans un autre sanctuaire ou temple.
Il faut toutefois veiller à ne pas le restituer dans un sanctuaire ou un temple d’une autre tradition religieuse, car cela serait irrespectueux.
Comment s’en défaire sans se rendre dans un sanctuaire ou un temple
En principe, il est préférable d’éviter de se défaire d’un omamori chez soi.
S’il est impossible de se rendre dans un sanctuaire ou un temple et qu’il faut procéder soi-même, il convient de suivre les étapes suivantes.
- Exprimer sincèrement sa gratitude
- Étendre une feuille de papier blanc ou de papier japonais sur une table propre, puis y déposer l’omamori
- Le purifier en saupoudrant une petite quantité de sel une fois à gauche, une fois à droite, puis une dernière fois à gauche
- Envelopper l’omamori dans la feuille placée dessous et le brûler ; enterrer ensuite les cendres
Il faut choisir un endroit où cela ne gênera pas le voisinage et faire preuve de prudence en manipulant le feu.
S’il est difficile d’utiliser du feu, il est possible, bien que cela soit peu recommandé, d’envelopper l’omamori dans du papier ou un tissu blanc, d’exprimer sa gratitude, puis de le jeter avec les déchets ménagers en le séparant des autres déchets et en le gardant propre.

Le design fait aussi leur charme : trois sanctuaires proposant des omamori originaux
Les omamori séduisent non seulement par leurs bienfaits, mais aussi par leur design.
Ces dernières années, leurs styles se sont diversifiés. Les modèles mignons qui donnent immédiatement envie de les obtenir, ainsi que les créations tendance et photogéniques sur les réseaux sociaux, sont appréciés pour leurs motifs et leurs formes distinctifs.
Voici trois omamori particulièrement originaux.
De nombreux autres modèles singuliers et réputés sont proposés dans les sanctuaires et les temples de tout le Japon.
Observer l’apparence des différents omamori peut aussi être une manière agréable de profiter d’un voyage au Japon.
1. Sanctuaire Kifune-jinja
Situé au bord de la rivière Kifune, dans l’arrondissement de Sakyō à Kyoto, le sanctuaire Kifune-jinja est le sanctuaire principal des quelque 2 000 sanctuaires du Japon consacrés aux divinités de l’eau.
Sa divinité principale est Takaokami-no-kami, divinité de l’eau connue comme un dieu-dragon gouvernant la pluie et son arrêt.
Également vénéré comme divinité de l’en-musubi, ce haut lieu spirituel est réputé pour de nombreux bienfaits, notamment la réussite amoureuse, l’amélioration de la fortune et la réalisation des souhaits.
Il se distingue par son magnifique environnement naturel au fil des saisons et par les lanternes rouges qui bordent son chemin d’accès. Les feuillages d’automne et les paysages enneigés d’hiver sont particulièrement appréciés pour leur beauté photogénique.
Très populaire auprès des visiteurs, le Mizu Mamori est un omamori imprégné du pouvoir de l’eau sacrée, confectionné avec l’eau pure qui jaillit dans l’enceinte du sanctuaire.
Il apporterait à son détenteur pureté d’esprit et santé, et serait également efficace pour renouer une relation ou favoriser la prospérité commerciale.

2. Tokyo Daijingu
Situé dans l’arrondissement de Chiyoda à Tokyo, le Tokyo Daijingu est un sanctuaire affectueusement surnommé « l’Ise de Tokyo ».
Ses principales divinités sont Amaterasu Ōmikami et Toyouke-no-Ōkami.
Connu pour ses bienfaits liés à l’en-musubi, aux rencontres favorables et à l’harmonie familiale, c’est un haut lieu de l’amour fréquenté par de nombreuses femmes venues prier pour la réussite de leur relation.
Fondé en 1880, il est également célèbre pour avoir célébré le premier mariage shinto du Japon.
Des fleurs s’épanouissent au fil des saisons dans son enceinte. Malgré sa situation en pleine ville, son atmosphère calme et paisible offre un moment de sérénité aux visiteurs.
Le Ren’ai Jōju Shiawase Kagi Mamori, ou omamori en forme de clé du bonheur pour la réussite amoureuse, compte parmi les plus populaires du sanctuaire.
Son extrémité prend la forme d’un joli cœur. Il est réputé attirer le bonheur et de belles rencontres lorsqu’on le porte avec un souhait en tête.

3. Sanctuaire Kibitsuhiko-jinja
Situé dans la ville d’Okayama, dans la préfecture du même nom, le sanctuaire Kibitsuhiko-jinja vénère Ōkibitsuhiko-no-Mikoto, qui aurait inspiré la légende de Momotarō.
Révéré comme une divinité dotée du pouvoir de terrasser les démons, il est associé à de nombreux bienfaits, dont la protection contre les malheurs, la longévité et l’abondance des récoltes.
L’enceinte abrite de nombreux édifices traditionnels, notamment le sanctuaire principal et le pavillon de culte classés trésors nationaux. Leur intégration à la végétation environnante crée un paysage majestueux et somptueux.
Au solstice d’été, le sanctuaire est notamment appelé « palais du soleil levant » : le soleil se lève face au torii et illumine les bâtiments, offrant un spectacle saisissant.
Son magnifique corridor d’environ 360 m constitue un autre point d’intérêt.
Le Sainan-yoke Momo Mamori est un omamori en forme de pêche inspiré de la légende selon laquelle Kibitsuhiko-no-Mikoto aurait utilisé ce fruit pour écarter les malheurs.
Considéré comme capable de protéger son détenteur des calamités et de la malchance, il est également apprécié comme cadeau pour la famille ou un être cher.

Questions fréquentes sur les omamori
Q
Quels sont les tabous à éviter lorsque l’on porte un omamori ?
Traiter un omamori avec négligence, le salir ou l’abîmer en le mélangeant à d’autres objets constitue un manque de respect envers les divinités et les bouddhas et pourrait attirer un châtiment. Il faut donc en prendre soin.
Q
Peut-on offrir un omamori à quelqu’un ?
Il n’y a aucun problème à l’offrir comme souvenir ou cadeau. Il faut toutefois tenir compte de la situation et des convictions religieuses du destinataire et le lui remettre avec respect.
Q
Les omamori ont-ils une durée de validité ?
Aucune durée de validité précise n’est fixée. On considère généralement qu’elle est d’environ un an ou qu’elle prend fin lorsque le souhait s’est réalisé, par exemple après la réussite à un examen. Beaucoup de personnes choisissent alors de porter un nouvel omamori.
Q
Comment restituer un omamori ?
Il faut exprimer sa gratitude puis le déposer dans le kosatsu osamejo ou nōsatsujo du sanctuaire ou du temple où il a été reçu. Si cela est difficile, il est également possible de l’envoyer par courrier ou de le restituer dans un autre sanctuaire ou temple.
Conclusion
Cet article a principalement présenté l’histoire et les différents types d’omamori, ainsi que la manière de les porter et de s’en défaire : autant d’informations à connaître avant d’en recevoir un ou de l’offrir en souvenir.
L’omamori n’est pas un simple objet matériel, mais un élément emblématique de la culture japonaise qui permet de ressentir un lien avec les divinités et les bouddhas.
Lors d’un voyage au Japon et de la visite de sanctuaires ou de temples, il peut être intéressant d’en recevoir un pour soi-même ou pour quelqu’un d’autre, en complément des découvertes touristiques.
Porté avec soin, il permettra certainement aux divinités et aux bouddhas d’apporter leur aide dans les périodes difficiles ou aux étapes importantes de la vie.