Guide complet de l’artisanat du bambou : le savoir-faire des artisans des clôtures en bambou à l’honneur !

Guide complet de l’artisanat du bambou : le savoir-faire des artisans des clôtures en bambou à l’honneur !

Dernière mise à jour :
Rédigé par :  Motomura Sayaka
Supervisé par :  Nagaoka Meichiku Co., Ltd.

Les clôtures en bambou sont indispensables à l’aménagement des jardins japonais. Depuis toujours, l’artisanat du bambou fait également partie du quotidien des Japonais, notamment à travers les paniers servant à rincer le riz ou à laver les légumes. Des clôtures aux bagues et porte-bouteilles adaptés à la vie moderne, découvrez les attraits de cet artisanat aux multiples usages !

Le bambou, une plante familière présente jusque dans le plus ancien récit japonais

Le « Conte du coupeur de bambou » est le plus ancien récit japonais encore conservé. Un vieil homme parti couper du bambou dans la montagne découvre une tige resplendissante. Lorsqu’il la coupe, une jolie petite fille en sort… Ainsi commence ce conte. Devenu jusqu’au sujet d’un récit, le bambou est familier aux Japonais depuis des temps très anciens.
Le bambou possède une grande capacité de reproduction et se rencontre dans de nombreux endroits au Japon. De nouvelles pousses apparaissent chaque année à partir de rhizomes souterrains. Il se distingue par sa croissance rapide : en un à deux mois environ, il atteint d’un seul élan la hauteur des bambous apparus l’année précédente. Des branches poussent ensuite, puis sa croissance s’achève au troisième mois. Le record de croissance en une journée atteint 120 cm. D’abord tendre et riche en eau, le bambou se raffermit et perd progressivement son humidité au fil des années. Au bout d’environ trois ans, il peut être utilisé comme matériau.
Sa croissance rapide attire l’attention du monde entier en tant que ressource durable. Il fait l’objet de nombreux usages, notamment pour fabriquer du tissu et du papier ou produire de l’électricité à partir de biomasse.

Une bambouseraie, paysage courant dans de nombreux endroits au Japon
Une bambouseraie, paysage courant dans de nombreux endroits au Japon

On compterait plus de 1 200 espèces de bambous dans le monde et plus de 600 au Japon.
Principalement réparti dans les zones tempérées et tropicales d’Asie, le bambou est utilisé depuis longtemps comme matériau d’objets du quotidien, notamment en Asie du Sud-Est et en Chine, où il est tressé pour fabriquer des récipients.
Le bambou se caractérise par son intérieur creux, sa relative résistance à la dégradation et sa légèreté. Il est également facile à tailler et à courber. Ses fibres étant orientées dans le même sens, il peut être fendu dans leur longueur en fines lamelles, permettant ainsi de produire de nombreuses pièces homogènes de même longueur. C’est pourquoi, bien avant le développement des techniques de transformation, il était déjà très apprécié au Japon comme matériau pour de nombreux objets.

Lisse, robuste et très élastique, le bambou présente également l’avantage, contrairement au bois, de ne pas se déformer sous l’effet des variations d’humidité. Il était donc déjà utilisé à la préhistoire.
Le Shosoin, édifice de l’époque de Nara surnommé « le terminus de la route de la soie » parce qu’il abrite de nombreux objets précieux arrivés au Japon par bateau depuis l’étranger, conserve divers vestiges en bambou, dont des instruments de musique, des boîtes et des paniers à fleurs.
À l’époque de Heian, le bambou commença aussi à être largement employé comme matériau de construction. Son utilisation s’étendit parallèlement aux objets du quotidien, depuis les armes telles que les flèches et les fouets jusqu’aux outils agricoles et de pêche.
De la fin de l’époque de Kamakura à l’époque de Muromachi, la culture du thé se développa au Japon. Le bambou devint alors encore plus précieux comme matériau indispensable à la fabrication des ustensiles de la cérémonie du thé. Aujourd’hui encore, ces ustensiles sont fabriqués en bambou.
Au début de l’époque d’Edo, artisans du bambou et fabricants de louches se distinguèrent au point de travailler pour la famille du shogun. Au milieu de l’époque d’Edo, de nombreux artisans fabriquant des vases et des louches à partir de grosses tiges de bambou coupées transversalement vivaient autour de Nijo et de Shijo, à Kyoto.

Le bambou est utilisé depuis longtemps pour fabriquer divers objets du quotidien
Le bambou est utilisé depuis longtemps pour fabriquer divers objets du quotidien

Histoire des clôtures en bambou

L’origine exacte des clôtures en bambou demeure en réalité inconnue.
Elles apparaissent pour la première fois dans des documents de l’époque de Heian. À l’époque d’Edo, elles figurent dans les estampes ukiyo-e, ce qui montre qu’elles s’étaient également répandues parmi la population. Au Japon, les clôtures en bambou remplissent un rôle très important.
Elles ont principalement deux fonctions. La première consiste à « dissimuler » les éléments peu esthétiques, comme les unités extérieures de climatisation, les canalisations, les murs en parpaings ou le linge. La seconde consiste à « mettre en valeur » les lieux, en guise d’hospitalité envers les visiteurs ou comme accent décoratif de l’habitation, afin de créer un espace japonais raffiné et d’en améliorer l’apparence.
À l’origine, le mot japonais kaki, « clôture », désigne « quelque chose entouré de terre et de pierres » et ne comporte aucune nuance liée au bambou. À l’échelle mondiale, il serait rare de voir des clôtures faites de matériaux fragiles comme le bambou ou les branches d’arbres s’intégrer ainsi au paysage quotidien, comme au Japon.

Au Japon, les clôtures en bambou s’intègrent naturellement au paysage quotidien
Au Japon, les clôtures en bambou s’intègrent naturellement au paysage quotidien

L’utilisation de tels matériaux pour construire des clôtures tient au caractère insulaire du Japon. En anglais, le mot japonais kaki correspond à « fence » ou « hedge » et renvoie à une fonction défensive ou d’obstacle. Dans les pays continentaux, où différents États et pouvoirs coexistent sur un même territoire, les clôtures jouent un rôle essentiel pour protéger les terres des ennemis. Dans l’Europe et la Chine anciennes, de solides murs de pierre ou de brique étaient construits pour prévenir les incursions ennemies.
Au Japon, pays insulaire, des clôtures défensives existaient également, mais à une échelle plus réduite. Les pays pauvres en arbres ont utilisé la terre et la pierre comme matériaux de clôture. Au Japon, civilisation du bois où la population vivait en harmonie avec la nature, les bambous de qualité comme le madake et le hachiku étaient depuis longtemps abondants et familiers. Il était donc naturel que le bambou devienne l’un des matériaux utilisés pour les clôtures.

Types de clôtures en bambou

Nombreux sont ceux qui pensent sans doute que les clôtures en bambou sont entièrement faites de ce matériau. En réalité, elles reposent sur une structure en aluminium ou en bois, sur laquelle est fixé un revêtement décoratif en bambou.
Comme indiqué précédemment, il existerait plus de 1 200 espèces de bambous dans le monde et plus de 600 au Japon. Les clôtures utilisent principalement les trois grandes espèces que sont le madake, le moso et le hachiku.
Le madake est présent au Japon depuis des temps anciens. Ses pousses ne sont pas consommées : il est utilisé pour l’artisanat. Il se distingue par sa finesse, sa belle teinte bleutée et sa facilité à être fendu.
Le bambou moso a été introduit de Chine à des fins alimentaires. Il est épais et robuste. L’enchevêtrement complexe de ses fibres le rend tenace, dur et difficile à fendre. Sa couleur étant toutefois moins belle que celle du madake, il est transformé avant d’être utilisé en artisanat.
Le hachiku est souvent employé en artisanat, notamment pour fabriquer les fouets à thé et l’armature des lanternes.
Les clôtures en bambou tirent leur nom de leur usage, de leur apparence ou du lieu où elles ont été employées pour la première fois.

1. Inuyarai

L’inuyarai est un type de clôture en bambou également appelé komayose.
Il exploite la facilité avec laquelle le bambou peut être fendu et courbé. Il joue un rôle important dans la protection des habitations : il empêche les chiens d’uriner contre les murs, protège les murs extérieurs des éclaboussures de pluie et de boue ainsi que des dommages et de la dégradation, et constitue aussi un obstacle contre les voleurs. Il marque en outre la limite entre la route et la propriété.

L’inuyarai, souvent visible dans les quartiers aux bâtiments anciens, notamment à Kyoto, confère beaucoup de charme au paysage
L’inuyarai, souvent visible dans les quartiers aux bâtiments anciens, notamment à Kyoto, confère beaucoup de charme au paysage

2. Yotsumegaki

Le yotsumegaki est une clôture composée de bambous ronds assemblés en treillis, laissant des ouvertures carrées. C’est l’un des types les plus courants de clôtures ajourées.
Sa forme simple s’accorde avec tous les environnements, ce qui lui confère de nombreux usages. Employée au-delà des seuls jardins, elle sert de séparation dans divers lieux tels que les parcs, les places et les jardins de thé roji.

Le yotsumegaki sert de séparation dans de nombreux lieux
Le yotsumegaki sert de séparation dans de nombreux lieux

3. Misugaki

Cette clôture doit son nom à sa forme semblable à celle d’un store en bambou.
Elle est fabriquée en superposant de fines tiges. Elle protège des regards tout en laissant passer l’air entre les bambous, ce qui lui assure une bonne ventilation.

Le misugaki se caractérise par sa bonne ventilation
Le misugaki se caractérise par sa bonne ventilation

4. Clôtures en bambou portant le nom d’un temple

Il existe également des clôtures en bambou portant le nom d’un temple.

Kenninjigaki

La kenninjigaki est la plus emblématique des clôtures en bambou. Elle doit son nom au temple Kennin-ji de Kyoto, où cette forme fut utilisée pour la première fois.
Elle se caractérise par des bambous disposés sans aucun interstice. Elle est donc largement utilisée comme palissade occultante ou comme séparation décorative dans les jardins.

Kenninjigaki
Kenninjigaki

Shoryujigaki

Cette clôture reprend comme base la technique emblématique de la kenninjigaki, à laquelle s’ajoute un motif moderne appelé « bambou de maintien ».

Shoryujigaki
Shoryujigaki

Koetsujigaki

Sa structure centrale est en bambou moso. Plusieurs entailles sont pratiquées dans le bambou afin de le courber.

Le bambou de Kyoto, qui impressionna même Edison

Kyoto est l’une des grandes régions productrices de bambou. Ses conditions naturelles y sont particulièrement favorables.
Le bassin entouré de montagnes connaît de fortes variations de température et possède un sol fertile. Grâce à cet environnement privilégié, tant sur le plan naturel que culturel, Kyoto est connue comme la capitale du bambou.
L’histoire du bambou de Kyoto est ancienne : on dit que des bambous venus de Chine y étaient déjà cultivés sous le règne de l’empereur Saga, à l’époque de Heian. Favorisée par la nature et perfectionnée par le savoir-faire artisanal, Kyoto continue de produire des bambous réputés dans le monde entier. L’artisanat du bambou de Kyoto se distingue par sa capacité à exploiter les qualités naturelles du matériau. Cela témoigne de l’excellence du bambou de Kyoto.

Une grande figure historique ayant enrichi notre vie moderne tomba elle aussi sous le charme du bambou de Kyoto : l’inventeur américain Thomas Alva Edison (1847-1931).
Il est inutile de le présenter : il inventa notamment les trois grandes inventions que sont le phonographe, l’ampoule à incandescence et l’un des premiers appareils de projection cinématographique. Le bambou de Kyoto joua un rôle majeur dans la mise en pratique de l’ampoule à incandescence. En 1878, Edison travaillait à sa commercialisation. Une ampoule à incandescence est composée d’un filament, d’une ampoule de verre et d’un culot ; elle émet de la lumière lorsqu’un courant électrique traverse le filament.
Edison réussit d’abord à allumer une lampe au carbone à l’aide d’un filament en fil de coton traité. Mais sa durée d’éclairage restait courte. Pour parvenir à une utilisation pratique, il devait donc trouver un matériau capable de briller longtemps. Il recueillit plus de 6 000 substances végétales dans le monde entier et testa des milliers de matériaux, notamment des métaux, du fil de coton et même des poils de barbe. Trouver le filament idéal s’avérait extrêmement difficile. Il essaya alors par hasard le bambou utilisé pour l’armature d’un éventail qui se trouvait dans son laboratoire. Les résultats furent excellents.

Edison décida donc d’envoyer des enquêteurs au Japon, en Chine et dans d’autres régions du monde afin de trouver le bambou convenant aux filaments. En 1880, l’un d’eux découvrit le « bambou de Yawata », qui poussait naturellement autour d’Iwashimizu Hachimangu, un sanctuaire de Kyoto.
Le bambou de Yawata est durable et particulièrement souple, ce qui l’empêche de se consumer facilement. Ses fibres sont en outre épaisses, robustes et denses. En l’utilisant comme filament, Edison réussit à porter la durée d’éclairage continu de l’ampoule à incandescence à 1 200 heures.
Le bambou de Yawata fut ensuite exporté du Japon. Les ampoules à incandescence fabriquées à partir de 1881 environ connurent un immense succès et illuminèrent les foyers du monde entier. Un monument à Edison entouré de bambous se dresse d’ailleurs dans l’enceinte d’Iwashimizu Hachimangu.

Le monument à Edison, entouré de bambous dans l’enceinte d’Iwashimizu Hachimangu
Le monument à Edison, entouré de bambous dans l’enceinte d’Iwashimizu Hachimangu

Le « Kyo-meichiku », produit selon les techniques traditionnelles de Kyoto

Parmi les bambous de Kyoto produits selon les techniques traditionnelles locales, quatre variétés sont appelées « Kyo-meichiku » : le shiratake, le gomadake, le zumenkakudake et le kikkodake.
Le Kyo-meichiku est classé parmi les produits artisanaux « Kyo-mono » désignés par le gouverneur de la préfecture de Kyoto, ainsi que parmi les industries traditionnelles de la ville de Kyoto.
Ces quatre variétés ont en commun une technique traditionnelle appelée « élimination de l’huile ». La plupart des bambous produits hors de Kyoto sont traités par ébullition. Pour le Kyo-meichiku, chaque tige est au contraire chauffée au feu. L’huile qui remonte à la surface est essuyée avec du coton, puis le bambou est séché au soleil. Ce procédé permettrait d’obtenir un matériau brillant, solide et résistant aux fissures. Voici les caractéristiques propres à chacune des quatre variétés de Kyo-meichiku.

Les quatre variétés de Kyo-meichiku. De gauche à droite : shiratake, gomadake, zumenkakudake et kikkodake
Les quatre variétés de Kyo-meichiku. De gauche à droite : shiratake, gomadake, zumenkakudake et kikkodake

1. Shiratake

Il est fabriqué à partir de madake. Les bambous abattus entre septembre et décembre sont chauffés au feu pour en éliminer l’huile, puis redressés. Cette opération fait briller le madake, contrairement aux autres bambous. Seul ce shiratake brillant issu du madake est qualifié de Kyo-meichiku. Son bel éclat en fait un bambou réputé indispensable dans de nombreux domaines, de l’architecture aux ustensiles pour la cérémonie du thé et l’art floral, en passant par les objets d’art.

2. Gomadake

Il est fabriqué à partir de bambou moso. Comme son nom l’indique, ce bambou réputé se distingue par des taches semblables à des graines de sésame. Sa surface est rugueuse au toucher. Les bambous sont sélectionnés en mars. Leur partie supérieure est coupée et les branches restantes sont élaguées, ce qui les met dans un état de semi-dessèchement. Durant ce processus, des champignons s’y développent et créent ces motifs. Il s’agit d’une technique traditionnelle imaginée autrefois. Le gomadake est employé dans l’architecture, mais aussi pour fabriquer des porte-éventails, des vases et d’autres objets artisanaux du quotidien.

3. Zumenkakudake

Il est fabriqué à partir de bambou moso. Deux cadres en bois en forme de L, adaptés à l’épaisseur de la pousse, sont placés autour de celle-ci afin qu’elle grandisse avec une section carrée. Alors que le bambou pousse encore dans la bambouseraie, un motif appelé zumen est appliqué avec un pinceau spécial et un produit composé notamment d’acide sulfurique et de sable. La brûlure chimique crée ainsi un motif unique, dont aucun exemplaire n’est identique à un autre. Il s’agit là encore d’une technique traditionnelle imaginée autrefois. Ce bambou est utilisé pour les piliers décoratifs des alcôves tokonoma, les vases, les chaises et les bancs pliants.

4. Kikkodake

Il est fabriqué à partir de bambou moso et résulte d’une mutation de celui-ci. Ses nœuds restent accolés les uns aux autres pendant sa croissance. Cette partie mutante mesure généralement de 1 à 1,5 m environ. Le bambou poursuit ensuite sa croissance normalement. Cette section très courte est donc précieuse. Ce bambou artisanal réputé se caractérise avant tout par son motif en carapace de tortue, don de la nature issu d’une mutation. Son apparence le destine aux décorations architecturales et aux objets artisanaux mettant l’accent sur le design.

Élargir les possibilités du bambou : Nagaoka Meichiku Co., Ltd.

Les clôtures ne sont pas le seul moyen d’exploiter ce magnifique bambou de Kyoto. Au Japon, il sert également à fabriquer de nombreux objets artisanaux de toutes tailles. Nagaoka Meichiku Co., Ltd. est une entreprise de bambou de Kyoto fondée il y a plus de 70 ans.

La gare la plus proche de l’atelier est celle de Kameoka, à 19 minutes de la gare de Kyoto en train rapide JR
La gare la plus proche de l’atelier est celle de Kameoka, à 19 minutes de la gare de Kyoto en train rapide JR

L’entreprise a reçu de nombreuses commandes : restauration de clôtures en bambou dans des sanctuaires et temples historiques tels que Heian-jingu, le Pavillon d’or et le Pavillon d’argent, ainsi que dans des sites célèbres de Kyoto comme les villas impériales de Katsura et Shugakuin et la Maison d’hôtes d’État de Kyoto ; aménagement intérieur et extérieur de commerces et de restaurants traditionnels renommés ; fabrication de vaisselle en bambou, entre autres.
Akihiro Mashimo, président-directeur général et artisan spécialisé dans les clôtures en bambou, croit au potentiel de ce matériau. Outre les clôtures, il crée divers objets artisanaux adaptés à la vie moderne ainsi que des installations artistiques.

Akihiro Mashimo, président-directeur général de Nagaoka Meichiku Co., Ltd. et artisan spécialisé dans les clôtures en bambou
Akihiro Mashimo, président-directeur général de Nagaoka Meichiku Co., Ltd. et artisan spécialisé dans les clôtures en bambou

À l’arrivée à l’atelier, les visiteurs sont d’abord accueillis par un jardin japonais réalisé de ses propres mains par M. Mashimo !
Il l’aurait créé afin de permettre aux visiteurs de découvrir de près les usages des clôtures en bambou. Il est également possible d’y observer en détail les clôtures qui témoignent de son savoir-faire.

Le jardin japonais réalisé par M. Mashimo sur le site, idéal pour prendre une photo souvenir
Le jardin japonais réalisé par M. Mashimo sur le site, idéal pour prendre une photo souvenir

Dans l’atelier, les bambous s’alignent à perte de vue. Des tiges d’environ 4 m de long étaient appuyées sur toute la surface d’un mur. Les bambous sont sélectionnés en fonction de leur usage avant d’être transformés en produits. Le jour de la visite, une sodegaki, petite clôture latérale, était en cours de fabrication.

M. Mashimo choisissant un bambou
M. Mashimo choisissant un bambou

Il fixait à l’aide d’outils des branches de bambou appelées kuroho. Grâce à ses gestes précis, l’ouvrage prenait rapidement forme.

M. Mashimo au travail
M. Mashimo au travail

Sept objets en bambou réalisés par M. Mashimo

Au deuxième étage se trouve, chose surprenante, un autre jardin, aménagé à l’intérieur !
On y trouve même un jardin sec karesansui, où rochers et gravier représentent un paysage de montagnes et d’eau. M. Mashimo l’aurait également créé lui-même pour divertir les visiteurs et leur faire découvrir les usages des clôtures en bambou. Son désir de faire connaître les multiples attraits du bambou est manifeste.
Voici quelques-uns des objets en bambou qu’il réalise.

1. Paniers en bambou

Le panier compte parmi les objets en bambou les plus polyvalents. Il est tressé avec de fines lamelles découpées dans le bambou et se caractérise par ses larges mailles. Léger et robuste, il est facile à transporter. Sa bonne ventilation permet de l’utiliser dans la cuisine ou le vestiaire. Depuis longtemps, les Japonais l’emploient ainsi dans de nombreuses situations du quotidien.
Le panier shikainami est l’un des modèles réalisés par M. Mashimo.

Le bambou est fendu, puis les lamelles sont ajustées en largeur et en épaisseur avant d’être tressées pour former quatre vagues. Le nom « shikainami » posséderait une signification porte-bonheur : « les vents et les vagues violents venus des quatre directions s’apaisent, laissant place au calme et à la paix ». Ce panier convient donc parfaitement comme cadeau de célébration. Il peut accueillir des fleurs fraîches, des pâtisseries ou des fruits.
L’entretien des paniers en bambou est par ailleurs simple. Il suffit d’éviter de les mouiller — s’ils le sont, les essuyer immédiatement et les laisser sécher ne pose aucun problème — et de les essuyer légèrement après utilisation. Ils doivent être conservés dans un endroit sec et bien ventilé. Un emplacement en hauteur, où l’humidité s’accumule moins facilement, est encore préférable.

Panier shikainami
Panier shikainami

2. Porte-bouteilles

Souhaitant créer des objets en bambou adaptés à la vie moderne, M. Mashimo a conçu un porte-bouteille pour les bouteilles de vin, de saké et de bière.

La bouteille tient debout lorsque son goulot est inséré dans l’ouverture. Nombreux seraient ceux qui s’étonnent en demandant : « Comment peut-elle tenir ainsi ? » La bouteille et le support en bambou se maintiennent mutuellement grâce à un équilibre subtil.
Ce support permet d’exposer une bouteille favorite. Son design élégant en fait bien sûr aussi un objet décoratif idéal, même sans bouteille.

Porte-bouteille
Porte-bouteille

3. Une belle lumière habitant le bambou

M. Mashimo réalise également des installations en bambou.
Bien que temporaires, ses objets et illuminations en bambou rencontrent un grand succès.

Installation en bambou
Installation en bambou

4. Lumières en bambou

Désireux de faire connaître les attraits du bambou dans le monde entier, M. Mashimo organise des événements et démonstrations mettant en lumière l’intérieur de bambous, au Japon, aux États-Unis et dans d’autres pays. À l’aide d’outils et de pochoirs, d’innombrables trous sont percés à la surface de bambous d’environ 2 m, puis une source lumineuse est placée à l’intérieur. La disposition sans interstice des bambous pour former un panneau fait elle aussi appel aux techniques des clôtures en bambou.

Les bambous subissent également un traitement d’élimination de l’huile et un traitement insectifuge, entre autres, afin de pouvoir être utilisés longtemps avant d’être envoyés à l’étranger. Les lumières en bambou sont conçues selon des calculs précis pour faire apparaître divers motifs, leur donnant un aspect féerique, semblable à une peinture. Ces objets et luminaires en bambou mettent en œuvre de nombreuses techniques propres à M. Mashimo, artisan de premier plan dans le domaine des clôtures et de l’artisanat du bambou.

Lumières en bambou
Lumières en bambou

5. Un code QR en bambou

Souhaitant divertir et surprendre par le bambou, M. Mashimo a même fabriqué un code QR dans ce matériau. Une fusion inédite entre analogique et numérique !
Il a teint en brun et en vert du Kyo-meichiku de Kyoto, puis l’a découpé en 12 types de pièces de différentes longueurs et en a conçu la disposition à partir du plan d’un code QR. Les pièces ont ensuite été collées sur un panneau de contreplaqué afin de reproduire exactement le motif complexe du code.
Le code QR mesure 65 cm de côté. Plus de 300 pièces auraient été nécessaires.
Et bien sûr, il peut réellement être lu en dirigeant un smartphone vers lui !

Le code QR est une marque déposée de DENSO WAVE Incorporated.

Code QR en bambou
Code QR en bambou

Une fois lu, il mène au site Internet de Nagaoka Meichiku Co., Ltd. Pour que la lecture fonctionne correctement, aucun décalage de quelques millimètres n’est permis. La découpe du bambou aurait donc été particulièrement difficile. Seul M. Mashimo, qui aime le bambou et en a fabriqué de nombreux produits, pouvait sans doute mener à bien un travail aussi minutieux.
De nombreux artisans du bambou auraient participé à la réalisation de ce code QR.
Par exemple, certains coupent le bambou dans la bambouseraie, d’autres le lavent à l’eau pour en retirer les saletés, le chauffent au feu pour éliminer son huile, l’exposent au soleil afin d’obtenir du shiratake, le teignent en brun ou en vert, le fendent, en uniformisent la largeur, le coupent à la bonne longueur ou le collent sur le panneau conformément au plan. Chaque étape exige un savoir-faire expérimenté. Selon M. Mashimo, alors que les produits fabriqués en série deviennent majoritaires dans des domaines comme les objets du quotidien, le nombre d’artisans travaillant le bambou diminue au Japon.
En créant avec ce matériau des produits surprenants comme ce code QR et en faisant connaître au public les qualités et le potentiel du bambou, il espère susciter une nouvelle demande et enrayer la diminution du nombre d’artisans. Il est également possible de commander un code QR en bambou sur mesure comme support promotionnel.

6. Mario

En utilisant la technique de ce code QR en bambou, M. Mashimo a également fabriqué pour son plaisir un panneau représentant Mario, personnage de la série de jeux vidéo de Nintendo ! Le premier jeu de la série Mario utilisait des graphismes en pixel art. Il en a reproduit le Mario de l’époque, avec les pièces, les blocs « ? » et même Goomba, l’un des ennemis !
Cette œuvre a été réalisée uniquement comme loisir personnel et n’est donc pas à vendre, mais il est possible de la voir à l’atelier de Kameoka de Nagaoka Meichiku Co., Ltd. Elle révèle l’esprit ludique de M. Mashimo.

Mario
Mario

7. Un artisanat original né des restes de bambou des pandas

L’esprit ludique de M. Mashimo se retrouve dans d’autres produits. Adventure World, à Shirahama dans la préfecture de Wakayama, est un parc à thème réunissant zoo, aquarium et parc d’attractions. Les pandas comptent parmi ses animaux les plus populaires. Une famille de quatre pandas géants vivait dans le parc. Leur alimentation principale est le bambou. Mais fins gourmets, les pandas mangent surtout les parties tendres et délaissent notamment les tiges. Le parc produisant chaque année entre 90 et 100 tonnes de bambou non consommé ou laissé en reste, M. Mashimo eut l’idée de le valoriser en fabriquant des bagues. Il les baptisa « Panda Bamboo Rings ».

Fin juin 2025, les quatre pandas géants d’Adventure World ont tous été restitués à la Chine.

Une bague est fabriquée pour chaque panda
Une bague est fabriquée pour chaque panda

Ces bagues sont fabriquées avec du bambou de Kyoto transformé par des artisans. Une lamelle issue d’un bambou réellement laissé par un panda géant y est insérée en guise de décoration. La bague est d’abord façonnée dans un bambou de Kyoto robuste, puis achevée en y insérant une lamelle fabriquée avec un morceau de bambou abandonné dans l’enclos extérieur. Elles réduisent ainsi les déchets et respectent l’environnement. Une bague étant fabriquée avec les restes laissés par chacun des quatre pandas, elles sont également très appréciées de leurs admirateurs.

Fabriquer soi-même un objet en bambou

M. Mashimo organise également des ateliers dans son établissement et ailleurs.
À Kyoto, la vie quotidienne est liée au bambou depuis des temps anciens, notamment à travers des objets usuels comme les paniers et les baguettes. Il aurait lancé ces ateliers afin de permettre à chacun de découvrir de près la beauté, la souplesse et la robustesse propres au bambou.
Il est possible d’y fabriquer les paniers, bagues et baguettes présentés précédemment, mais aussi des lampes en bambou. Les participants réalisent eux-mêmes un objet artisanal qu’ils peuvent ensuite utiliser au quotidien. Aucun interprète n’est présent pendant l’activité, mais des appareils de traduction sont utilisés. Des personnes de nombreux pays, notamment d’Europe, d’Australie et des États-Unis, y participent.

Les ateliers sont très populaires !
Les ateliers sont très populaires !

Pour les lampes en bambou fabriquées pendant l’atelier, plus de 50 motifs sont proposés et peuvent être librement combinés !

Les motifs peuvent être librement combinés
Les motifs peuvent être librement combinés

Activités proposées

Il est possible de créer une lampe en bambou originale et unique au monde.
Très populaire, elle peut être utilisée durablement comme décoration intérieure en y plaçant une bougie.
Voici les activités proposées.

1. Tressage d’un panier en bambou

Durée
De 60 à 120 minutes selon le nombre de participants
Tarif
Modèle naturel : 4 500 yens ; modèle coloré : 5 500 yens par personne, taxes comprises

2. Sculpture de baguettes en bambou

Durée
60 minutes, selon le nombre de participants
Tarif
2 500 yens par personne, taxes comprises

3. Tressage d’une bague en bambou

Durée
60 minutes, selon le nombre de participants
Tarif
2 500 yens par personne, taxes comprises
Bague en bambou
Bague en bambou

Autres exemples :
fabrication d’une lampe en bambou
dessous de verre en bambou
soliflore
dessous-de-plat
Cette liste n’est donnée qu’à titre d’exemple. Pour connaître les autres activités proposées, contacter directement l’atelier !

Atelier de Kameoka de Nagaoka Meichiku Co., Ltd.

Code postal
621-0005
Adresse
50 Sannotsubo, Hozu-cho, Kameoka, préfecture de Kyoto
Numéro de téléphone
075-925-5826
Accès
À 10 minutes à pied de l’arrêt de bus « Hozu », ou à 5 minutes en taxi de la gare JR de Kameoka
Site officiel
Site officiel

Conclusion

Depuis des temps anciens, le bambou est indispensable à la culture et à la vie quotidienne du Japon.
À l’époque moderne, de nombreux objets ont toutefois été remplacés par des produits en plastique. Redécouvrir le bambou permet d’en apprécier les attraits : fabriquer ses propres baguettes lors d’un atelier ou choisir une bague ou un porte-bouteille comme souvenir pour un ami, par exemple.
De retour dans son pays, chacun sera sans doute impressionné par la beauté, la durabilité et la facilité d’utilisation du bambou.

Motomura Sayaka

Auteur

Présentateur indépendant

Motomura Sayaka

Principalement consacré à la culture traditionnelle, aux arts du spectacle et à l’histoire

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