Découvrir l’histoire du yen, la monnaie japonaise, et ses différentes coupures

Découvrir l’histoire du yen, la monnaie japonaise, et ses différentes coupures

Dernière mise à jour :
Rédigé par :  GOOD LUCK TRIP

Les billets japonais comptent parmi les plus beaux et les plus difficiles à contrefaire au monde, ce qui surprend souvent les visiteurs étrangers qui les découvrent.
Leurs designs variés et leur grande qualité incarnent parfaitement le « Made in Japan ».
Cependant, le système actuel de gestion monétaire n’a été instauré qu’après la guerre, au terme de nombreuses évolutions.
Cet article présente les origines de la monnaie japonaise, son histoire jusqu’à nos jours et les différentes coupures en circulation.
Il explique en détail les particularités propres à la monnaie japonaise, les moyens de paiement ainsi que les méthodes d’émission et de gestion du yen,
afin de mieux comprendre l’histoire et la culture du Japon.

Coupures et unité du yen japonais

L’unité monétaire du Japon est le yen, dont le code international est JPY.
Il s’agit de l’une des principales devises mondiales, largement utilisée sur les marchés financiers internationaux.
Bien que son origine ne soit pas clairement établie, son nom s’écrit souvent « yen » en caractères latins et le symbole « ¥ » est également très répandu.
La monnaie japonaise comprend des pièces et des billets. Dix coupures sont actuellement émises : six pièces et quatre billets.
Comme expliqué plus loin, les pièces de 5 et 50 yens sont percées en leur centre, une particularité rare à l’échelle mondiale.
Les billets japonais se distinguent également par leur propreté et leur faible nombre de taches et de plis par rapport à ceux d’autres pays, ce qui frappe de nombreux visiteurs étrangers.

Pièces
1 yen
5 yens
10 yens
50 yens
100 yens
500 yens
Billets
1 000 yens
2 000 yens
5 000 yens
10 000 yens
La monnaie japonaise comprend actuellement dix coupures : six pièces et quatre billets
La monnaie japonaise comprend actuellement dix coupures : six pièces et quatre billets

La pièce de 1 yen, dont le design a été choisi par concours public

Fabriquée en aluminium, la pièce de 1 yen est la plus légère des pièces japonaises.
Son avers présente un jeune arbre au centre, entouré des inscriptions « Japon » et « un yen », tandis que son revers porte le chiffre « 1 » et l’année de frappe.
Le jeune arbre ne représente aucune espèce végétale particulière — il n’existe d’ailleurs aucun arbre portant ce nom —, mais a été choisi comme symbole de la croissance du Japon.
Il s’agit également de la seule pièce dont le design a été choisi à l’issue d’un concours public.
Le jeune arbre compte huit feuilles, un détail à observer attentivement.

La pièce de 1 yen, la plus légère des pièces japonaises
La pièce de 1 yen, la plus légère des pièces japonaises

La pièce de 5 yens et ses caractéristiques uniques

Dorée et percée en son centre, la pièce de 5 yens possède des caractéristiques uniques.
Sur son avers, un épi de riz, de l’eau et une roue dentée, symbolisant respectivement l’agriculture, la pêche et l’industrie japonaises, sont représentés du centre vers le haut, tandis que l’inscription « cinq yens » figure en bas.
Au revers, deux jeunes feuilles symbolisant l’espoir d’une nouvelle croissance et de la démocratie se trouvent de part et d’autre du trou, avec « Japon » en haut et l’année de frappe en bas.
La valeur n’étant indiquée qu’en kanji, sans chiffres arabes, les visiteurs étrangers qui ne connaissent pas ces caractères risquent de ne pas pouvoir la lire ni déterminer le montant.

La rare pièce percée de 5 yens
La rare pièce percée de 5 yens

La pièce de 10 yens et son motif détaillé contre la contrefaçon

Reconnaissable à sa couleur brune, la pièce de 10 yens est la pièce de plus faible valeur acceptée par les distributeurs automatiques.
Son avers présente au centre le pavillon du Phénix du Byōdō-in, inscrit au patrimoine mondial, avec les inscriptions « Japon » et « dix yens » en haut et en bas, le tout entouré d’arabesques.
Le revers porte le chiffre « 10 » et l’année de frappe, entourés de branches d’arbres à feuillage persistant, tels que le pin et le cèdre, nouées par un ruban.
Le motif très détaillé du pavillon du Phénix du Byōdō-in a notamment été adopté pour lutter contre la contrefaçon.
Par ailleurs, les pièces de 10 yens fabriquées principalement entre 1951 et 1958 présentent des cannelures sur la tranche. Leur texture crantée leur vaut le surnom de « Giza-jū ».
Elles circulent peu aujourd’hui, mais cette anecdote peut être utile à connaître.

Une fois en main, observer son motif très détaillé
Une fois en main, observer son motif très détaillé

La pièce de 50 yens, percée en son centre

Lors de sa première émission, la pièce de 50 yens n’était pas percée.
Elle a adopté un design percé en 1959, tandis que le modèle actuellement en circulation a commencé à être utilisé en 1967.
L’avers présente trois fleurs de chrysanthème de part et d’autre du trou, avec « Japon » au-dessus et « cinquante yens » en dessous.
Au revers figurent le nombre « 50 » en chiffres arabes au-dessus du trou et l’année de frappe en dessous. La tranche comporte également 120 cannelures.

La pièce de 50 yens, dont le design a été percé ultérieurement
La pièce de 50 yens, dont le design a été percé ultérieurement

La pièce de 100 yens, très utilisée au quotidien

Pratique, la pièce de 100 yens est celle que les Japonais utilisent le plus dans la vie quotidienne.
Son avers présente trois fleurs de cerisier sauvage, l’une des fleurs emblématiques du Japon, avec les inscriptions « Japon » en haut et « cent yens » en bas.
Le revers porte un grand « 100 » en chiffres arabes, avec l’année de frappe en dessous.
Sa tranche comporte par ailleurs 103 cannelures, qu’il peut être intéressant de comparer avec celles de la pièce de 50 yens.

La pièce de 100 yens, souvent utilisée en voyage
La pièce de 100 yens, souvent utilisée en voyage

La pièce de 500 yens et ses technologies de pointe

La pièce de 500 yens, la plus forte valeur parmi les pièces japonaises, circule actuellement sous deux modèles, l’ancien et le nouveau.
L’ancien modèle présente sur l’avers un paulownia, avec « Japon » en haut et « cinq cents yens » en bas. Au revers figurent le nombre « 500 » et l’année de frappe au centre, ainsi que des feuilles de bambou, des tachibana et des brindilles aux quatre coins.
Le nouveau modèle émis depuis 2021 est presque identique, mais pèse 0,1 gramme de plus et certains éléments de son design ont été modifiés.
Sa principale caractéristique réside dans l’utilisation de trois matériaux et de technologies de pointe, notamment les premières cannelures obliques irrégulières au monde sur la tranche d’une pièce.
Les micro-inscriptions « JAPAN » et « 500YEN », visibles sur le bord de l’avers, méritent également l’attention.
Une autre technologie avancée fait apparaître et disparaître « JAPAN » dans le premier « 0 » de « 500 » lorsque le revers est regardé d’en haut, et « 500YEN » lorsqu’il est regardé d’en bas.
Les deux modèles étant en circulation, leur comparaison permet de distinguer clairement leurs différences.

Les deux modèles de pièces de 500 yens en circulation
Les deux modèles de pièces de 500 yens en circulation

De nouveaux billets émis le 3 juillet 2024

De nouveaux billets ont été émis au Japon le 3 juillet 2024, à l’exception du billet de 2 000 yens.
Outre l’intégration des technologies les plus récentes, leur design et leur portrait ont été renouvelés.
Selon la date du séjour au Japon, il est possible de voir des billets de même valeur présentant des designs différents.
Les anciens billets restent utilisables après le 4 juillet, sans aucune inquiétude pour ceux qui en possèdent.
Les anciens billets représentaient le bactériologiste Hideyo Noguchi, qui a contribué à la lutte contre les maladies infectieuses, sur celui de 1 000 yens ; la romancière de l’ère Meiji (1868-1912) Ichiyō Higuchi sur celui de 5 000 yens ; et le penseur des Lumières Yukichi Fukuzawa, également actif durant l’ère Meiji, sur celui de 10 000 yens.
Voici les nouveaux designs et les réalisations des personnalités qui figurent désormais sur ces billets.

Le billet de 1 000 yens à l’effigie du père de la médecine japonaise moderne

Le recto du billet de 1 000 yens, à dominante bleue, porte le portrait du bactériologiste Shibasaburō Kitasato, surnommé le « père de la médecine japonaise moderne ».
Le verso représente La Grande Vague de Kanagawa, tirée des Trente-six vues du mont Fuji du célèbre maître de l’ukiyo-e Hokusai Katsushika.
En 1889, Shibasaburō Kitasato fut le premier au monde à réussir la culture pure du bacille du tétanos, avant de mettre au point une sérothérapie contre cette maladie, qui posa les bases de la vaccination moderne.
Il découvrit également le bacille de la peste, mena des recherches sur diverses maladies infectieuses et œuvra à la formation des générations suivantes, notamment en fondant l’Association médicale japonaise et la faculté de médecine de l’université Keiō.
Il a profondément influencé le développement de la recherche, de l’enseignement et de l’administration médicales jusqu’à aujourd’hui, ainsi que l’amélioration de la santé publique.

Shibasaburō Kitasato, père de la médecine japonaise moderne
Shibasaburō Kitasato, père de la médecine japonaise moderne
Le billet de 1 000 yens représentant le bactériologiste Shibasaburō Kitasato, qui mit au point une méthode de prévention et de traitement du tétanos
Le billet de 1 000 yens représentant le bactériologiste Shibasaburō Kitasato, qui mit au point une méthode de prévention et de traitement du tétanos

Le billet de 5 000 yens à l’effigie d’une pionnière de l’éducation et de la promotion des femmes

Le nouveau billet de 5 000 yens, à dominante violette, porte le portrait de l’éducatrice Umeko Tsuda, qui contribua grandement à la modernisation de l’éducation des femmes au Japon.
Il se caractérise également par un filigrane décalé vers la gauche et un grand « 5000 » placé au centre.
Le verso représente une glycine japonaise, fleur traditionnelle appréciée depuis l’Antiquité et mentionnée dans le Nihon Shoki et le Kojiki, les plus anciens ouvrages historiques du Japon.
À l’âge de six ans, Umeko Tsuda accompagna la mission Iwakura en tant que l’une des premières étudiantes japonaises envoyées à l’étranger et séjourna environ onze ans aux États-Unis.
Après son retour, elle consacra sa vie à l’amélioration du statut des femmes et à leur éducation, notamment en fondant l’Institut d’études anglaises pour femmes, actuelle université Tsuda.
Elle est également considérée comme la première Japonaise à avoir publié un article dans une revue scientifique occidentale, et ses réalisations sont hautement reconnues au Japon comme à l’étranger.

L’éducatrice Umeko Tsuda, qui contribua grandement à la modernisation de l’éducation des femmes
L’éducatrice Umeko Tsuda, qui contribua grandement à la modernisation de l’éducation des femmes
Le billet de 5 000 yens représentant l’éducatrice Umeko Tsuda, qui œuvra pour l’éducation et la promotion des femmes
Le billet de 5 000 yens représentant l’éducatrice Umeko Tsuda, qui œuvra pour l’éducation et la promotion des femmes

Le billet de 10 000 yens à l’effigie d’un entrepreneur associé à la création d’environ 500 entreprises

Le nouveau billet de 10 000 yens, de plus forte valeur au Japon, porte le portrait de l’entrepreneur Eiichi Shibusawa, surnommé le « père du capitalisme japonais ».
Sa couleur dominante reste brune, mais son design est devenu légèrement plus coloré.
Le caractère indiquant « un » n’est par ailleurs pas 一, mais 壱, et le chiffre « 1 » utilise une typographie différente de celle du billet de 1 000 yens.
Le verso représente le bâtiment Marunouchi de la gare de Tokyo, bien culturel important connu pour sa façade en briques rouges.
Eiichi Shibusawa participa à la création d’environ 500 entreprises, dont la First National Bank, première société par actions et première banque du Japon, devenue aujourd’hui Mizuho Bank, ainsi que JR East et Kirin Brewery.
Il contribua considérablement à l’établissement du système financier et à la construction des fondements économiques et industriels du Japon, notamment par la fondation de la filature de soie de Tomioka et de l’Imperial Hotel.
Ses activités furent très diverses : il œuvra également à la création et au soutien d’environ 600 projets d’intérêt public, et ses compétences furent reconnues par le théoricien du management Peter Drucker.

L’entrepreneur Eiichi Shibusawa, surnommé le père du capitalisme pour avoir concilié morale et économie
L’entrepreneur Eiichi Shibusawa, surnommé le père du capitalisme pour avoir concilié morale et économie
Le billet de 10 000 yens représentant Eiichi Shibusawa, père du capitalisme japonais, est le billet de plus forte valeur hors monnaies commémoratives
Le billet de 10 000 yens représentant Eiichi Shibusawa, père du capitalisme japonais, est le billet de plus forte valeur hors monnaies commémoratives

Le billet rare de 2 000 yens, peu souvent rencontré

Le billet de 2 000 yens a été émis pour commémorer le passage à l’an 2000 et le sommet d’Okinawa.
Son recto présente l’inscription « deux mille yens » à gauche et la porte Shureimon du château de Shuri à droite, avec des motifs de cerisiers sauvages et d’asters sauvages japonais dans la partie supérieure.
Située à Naha, dans la préfecture d’Okinawa, la porte Shureimon est un bien culturel matériel classé par la préfecture et un édifice majeur témoignant de l’histoire du royaume des Ryūkyū.
Le verso reprend quant à lui des motifs des rouleaux illustrés du Dit du Genji et du Journal de Murasaki Shikibu.
Le premier présente une scène du chapitre « Les Grillons », représentant Hikaru Genji et l’empereur retiré Reizei.
Le second montre Murasaki Shikibu soulevant un volet shitomido pour protester auprès de Fujiwara no Sanechige et Fujiwara no Narifusa.
Le billet de 2 000 yens n’a plus été réimprimé depuis 2003 et circule aujourd’hui peu en dehors d’Okinawa. En trouver un peut donc être un coup de chance.

Vérifier si le billet reçu est un billet de 2 000 yens
Vérifier si le billet reçu est un billet de 2 000 yens

Une monnaie japonaise renouvelée environ tous les 20 ans

Au Japon, les billets et les pièces sont en principe révisés et renouvelés environ tous les 20 ans.
Cette démarche vise principalement à prévenir la contrefaçon et à améliorer leur facilité d’utilisation en fonction des évolutions de la société.
Pour que la population puisse utiliser la monnaie en toute confiance, il est essentiel de prévenir les préjudices causés par la circulation de fausse monnaie.
Les billets précédents avaient été émis à partir de 2004, mais les techniques d’impression ont considérablement progressé depuis.
Afin de réduire davantage les risques de contrefaçon, les nouveaux billets intègrent un filigrane haute définition composé de lignes extrêmement fines et un hologramme 3D dont le portrait change d’orientation selon l’angle de vue.
Leur design a également été modifié selon les principes de la conception universelle, afin de rendre la monnaie facile à utiliser par tous, y compris les personnes malvoyantes et les étrangers.

Au Japon, les billets et les pièces sont renouvelés environ tous les 20 ans
Au Japon, les billets et les pièces sont renouvelés environ tous les 20 ans

Pièces et billets japonais : technologies anticontrefaçon avancées et grande durabilité

À l’échelle mondiale, les billets et pièces en yens utilisent des technologies anticontrefaçon particulièrement avancées.
L’hologramme 3D mentionné précédemment est utilisé pour la première fois au monde sur des billets de banque.
D’autres procédés, comme les filigranes, les encres spéciales et les motifs microscopiques, rendent également la contrefaçon difficile.
Les billets japonais se caractérisent en outre par leur très grande durabilité, qui leur permet de résister à une utilisation prolongée.
Ils sont fabriqués à partir de matières telles que le mitsumata et l’abaca, qui résistent bien à l’eau et aux déchirures, donnant naissance à un papier robuste au toucher particulier et unique.
Ils se détériorent donc difficilement, même en cas d’utilisation fréquente et de manipulation intensive, et sont très appréciés pour leur combinaison de fonctionnalité et d’esthétique.

Le yen japonais utilise des technologies anticontrefaçon avancées, notamment des filigranes et des encres spéciales
Le yen japonais utilise des technologies anticontrefaçon avancées, notamment des filigranes et des encres spéciales

Moyens de paiement couramment utilisés au Japon

Au Japon, les espèces restent le principal moyen de paiement.
Malgré la progression des paiements dématérialisés, leur part n’était que de 39,3 % en 2023, un niveau inférieur à celui des autres pays développés : environ 95 % en Corée du Sud et 77 % en Chine.
Un certain nombre de commerces et d’établissements n’acceptent donc encore que les espèces.
Les commerces des centres-villes, les grands magasins et les grands centres commerciaux acceptent souvent d’autres moyens de paiement, mais il est conseillé de prévoir une certaine somme en espèces lors d’un voyage au Japon.
Certains restaurants ainsi que les sanctuaires et temples, notamment pour les offrandes, n’acceptent par exemple pas les paiements dématérialisés.
Outre les espèces, les quatre moyens de paiement suivants sont disponibles.

  • Cartes de crédit : Visa, Mastercard, etc.
  • Monnaie électronique et cartes de transport à puce : Suica, PASMO, etc.
  • Codes QR : PayPay, LINE Pay, etc.
  • Cartes de débit

Au Japon, il n’existe par ailleurs pratiquement aucune culture du pourboire.
Les prix des repas au restaurant et des chambres d’hôtel incluent les frais de service.
La plupart des Japonais n’acceptent pas les pourboires ; il n’est donc pas nécessaire de s’en préoccuper.

De nombreux commerces et établissements n’acceptent que les espèces ; il faut donc en prévoir pour le voyage
De nombreux commerces et établissements n’acceptent que les espèces ; il faut donc en prévoir pour le voyage

Histoire et évolution de la monnaie japonaise

Dans le Japon ancien, les habitants pratiquaient le troc en échangeant les biens dont chacun avait besoin.
Peu à peu, le riz, le sel et les étoffes devinrent des monnaies-marchandises et remplirent le rôle de monnaie.
Les premières pièces apparurent ensuite au Japon, conduisant progressivement au système actuel.
Voici en détail l’histoire et l’évolution chronologique de la monnaie japonaise.

Le Fuhonsen, première monnaie japonaise

Le Fuhonsen, frappé dans la seconde moitié du VIIe siècle, est considéré comme la première monnaie japonaise.
Inspiré des pièces chinoises rondes percées d’un trou carré, il circula comme monnaie propre au Japon.
En 708 fut émis le Wadōkaichin, connu comme la première monnaie officielle frappée au Japon.
Douze types de pièces en cuivre, appelés les douze monnaies impériales, furent frappés pendant environ 250 ans. Cependant, leur qualité déclina progressivement en raison de difficultés financières et d’une pénurie de matières premières, entraînant la perte de confiance de la population.
La frappe officielle cessa donc après la dernière émission de 958, et le Japon revint à l’époque des monnaies-marchandises.

Le Fuhonsen, première monnaie japonaise
Le Fuhonsen, première monnaie japonaise

L’utilisation de monnaies chinoises à l’époque de Heian

Après l’arrêt de la frappe monétaire pendant l’époque de Heian (794-1185), aucune monnaie officielle ne fut fabriquée au Japon pendant environ 600 ans.
Durant cette période, les pièces importées de Chine, appelées toraïsen, furent utilisées à leur place.
Après la fondation de la dynastie Song, le commerce entre le Japon et les Song s’intensifia. De grandes quantités de pièces Song entrèrent alors au Japon et se diffusèrent largement.
Cependant, au XVe siècle, des pièces de mauvaise qualité, notamment des monnaies privées imitant celles des Song, commencèrent à circuler.
Leur qualité, leur type et leur taille variaient considérablement, et leur valeur était incertaine. Il semble qu’elles aient été évaluées en fonction de la qualité du métal.

Monnaie importée utilisée à l’époque de Heian
Monnaie importée utilisée à l’époque de Heian

L’apparition des monnaies d’or et d’argent

La situation commença à changer durant l’époque Sengoku (1467-1590), lorsque les progrès des techniques d’affinage permirent l’utilisation de l’or et de l’argent.
Afin de financer leurs armées, les seigneurs de guerre développèrent des mines d’or et d’argent et frappèrent leur propre monnaie, renforçant ainsi leur pouvoir.
Le Kōshūkin frappé par Shingen Takeda est particulièrement célèbre comme première monnaie d’or japonaise.
Après avoir pris le pouvoir, Hideyoshi Toyotomi commença lui aussi à frapper des monnaies d’or et d’argent à partir de 1587, dans le but également d’unifier les unités monétaires.
Le Tenshō naga-ōban, utilisé notamment comme récompense, est particulièrement connu.

Représentation d’une monnaie d’or utilisée au Japon
Représentation d’une monnaie d’or utilisée au Japon

L’unification de la monnaie

Après l’unification du pays par Ieyasu Tokugawa et le début de l’époque d’Edo (1603-1868), cinq types de monnaies d’or et d’argent furent émis selon leur taille et leur qualité.
La monnaie fut alors enfin unifiée.
Le troisième shogun, Iemitsu Tokugawa, fit ensuite frapper la pièce de cuivre Kan’ei Tsūhō.
Le système trimétallique fondé sur l’or, l’argent et le cuivre fut ainsi établi. Des unités telles que le ryō, le kan et le mon apparurent pour ces différentes monnaies, formant une culture monétaire propre au Japon.
Les changeurs de monnaie se développèrent également pour assurer les conversions entre les trois métaux et jouèrent un rôle comparable à celui des banques actuelles.

Le Keichō koban, monnaie en circulation à l’époque d’Edo
Le Keichō koban, monnaie en circulation à l’époque d’Edo

L’introduction du yen

Après la chute du shogunat d’Edo et le début de l’ère Meiji (1868-1912), le maintien de l’ancien système monétaire provoqua une confusion économique.
En 1871, le gouvernement de Meiji promulgua la Nouvelle ordonnance monétaire et introduisit les nouvelles unités yen, sen et rin dans le cadre de l’étalon-or, qui permettait d’échanger les billets contre de l’or.
Le système quaternaire traditionnel fut simultanément remplacé par un système décimal.
Des billets gouvernementaux et des billets de banques nationales furent émis, mais ils ne parvinrent pas à s’imposer en raison de la circulation de faux billets et de la découverte de divers défauts.
En 1877, l’émission massive de billets entraîna en outre une inflation, rendant urgente la stabilisation de la valeur de la monnaie.
La Banque du Japon fut donc fondée en 1882 en tant que banque centrale du pays et commença officiellement à émettre ses propres billets en 1885.
Le premier fut l’ancien billet de 10 yens, dont le design représentait Daikokuten.

Les billets de la Banque du Japon, émis à partir de 1885
Les billets de la Banque du Japon, émis à partir de 1885

La gestion de la monnaie après-guerre

À partir de 1942, le gouvernement et la Banque du Japon commencèrent à gérer et à réguler la monnaie comme ils le font aujourd’hui.
Une nouvelle inflation survenue après la fin de la guerre conduisit à une mesure appelée « conversion au nouveau yen », qui permit de retirer l’ancienne monnaie de la circulation.
Un nouveau billet de 1 000 yens fut ensuite émis en 1950, puis l’unité sen fut supprimée en 1953.

La « conversion au nouveau yen » mise en œuvre en raison de l’inflation
La « conversion au nouveau yen » mise en œuvre en raison de l’inflation

La gestion actuelle de l’émission des billets et des pièces

Aujourd’hui, la gestion de l’émission des billets et des pièces est strictement répartie entre la Banque du Japon et le gouvernement.
La Banque du Japon est l’unique organisme émetteur des billets. Elle en assure la fabrication par l’intermédiaire de l’Institut national d’impression, la mise en circulation par les établissements financiers et la gestion.
Lorsque les billets reviennent à la Banque du Japon, ils sont authentifiés : leur nombre est compté et l’éventuelle présence de contrefaçons ou d’altérations est vérifiée. Ceux qui ne sont plus aptes à circuler sont détruits.
Les pièces sont quant à elles émises par le gouvernement et fabriquées par la Monnaie du Japon, avant d’être remises à la Banque du Japon puis mises en circulation.
Comme les billets, elles sont injectées dans l’économie lorsque les établissements financiers retirent des fonds de leurs comptes courants détenus auprès de la Banque du Japon.

La Banque du Japon continue aujourd’hui d’émettre la monnaie
La Banque du Japon continue aujourd’hui d’émettre la monnaie

Anecdotes sur le yen

Pour finir, voici quatre anecdotes sur le yen japonais.
Elles permettent de se familiariser davantage avec la monnaie japonaise et de mieux l’apprécier.
Il peut être intéressant de les raconter à sa famille ou à ses amis pendant un trajet ou un moment libre.

Comment les personnalités figurant sur les billets sont-elles choisies ?

Les personnalités représentées sur les billets sont sélectionnées à l’issue de consultations entre le ministère des Finances, la Banque du Japon et l’Institut national d’impression, puis la décision finale revient au ministre des Finances.
La sélection repose sur trois critères principaux : la prévention de la contrefaçon, la dignité et la notoriété nationale.
Elle vise également à rendre hommage à des figures historiques et culturelles.

Les conditions concrètes sont les suivantes.

  • Être une personnalité culturelle active depuis l’ère Meiji
  • Être largement connue du peuple japonais et reconnue pour ses réalisations au Japon comme à l’étranger
  • Être respectée dans la société et posséder la dignité requise pour figurer sur un billet
  • Disposer d’un portrait ou d’une photographie fidèle jusque dans les moindres détails, afin de prévenir la contrefaçon

La romancière Ichiyō Higuchi fut la première femme choisie pour figurer sur le billet de 5 000 yens mis en circulation en 2004.
Umeko Tsuda a également été retenue pour le nouveau billet, ce qui reflète la diversité de l’époque.

Les personnalités des billets sont sélectionnées selon trois critères
Les personnalités des billets sont sélectionnées selon trois critères

Pourquoi les pièces de 5 et 50 yens sont-elles percées ?

Les pièces de 5 et 50 yens sont percées pour trois raisons principales.
La première est la prévention de la contrefaçon.
Lorsque le nombre de types de pièces augmente, il devient inévitable d’émettre des monnaies aux dimensions et aux matériaux similaires, ce qui accroît le risque de contrefaçon.
Le trou a donc été ajouté afin de rendre leur fabrication plus difficile.
La deuxième raison est de faciliter leur identification.
Les pièces de 5 et 10 yens, d’une part, et celles de 50 et 100 yens, d’autre part, ont des dimensions et des textures similaires. Le trou permet de les distinguer facilement.
Il tient également compte des personnes malvoyantes, qui peuvent ainsi les identifier immédiatement au toucher.
La troisième raison est la réduction des coûts.
Lors de l’émission de la pièce de 5 yens en 1948, les pièces de 1 et 10 yens étaient également fabriquées en cuivre.
En raison de la pénurie de ressources après-guerre, un design percé fut adopté pour la pièce de 5 yens.
Comme indiqué précédemment, la pièce de 50 yens fut percée à partir de 1959 afin de mieux marquer sa valeur relative par rapport à celle de 100 yens.

La pièce de 50 yens au design percé
La pièce de 50 yens au design percé

La pièce de 5 yens porte-t-elle bonheur ?

Au Japon, la pièce de 5 yens est largement considérée comme un porte-bonheur.
Outre sa couleur dorée, son trou central évoque une « bonne visibilité sur l’avenir » et serait propice aux liens heureux.
De nombreux Japonais l’utilisent également comme offrande dans les sanctuaires et les temples, car « cinq yens », go-en, se prononce comme le mot signifiant « lien » ou « bonne relation ».
Sa signification varierait aussi selon le nombre de pièces utilisées.
Il existe par exemple des jeux de mots associant trois pièces, soit 15 yens, au souhait d’avoir « pleinement de bons liens », et sept pièces, soit 35 yens, à celui d’en avoir « encore et encore ».
À l’occasion d’une visite dans un lieu de culte au Japon, il est possible de suivre ces superstitions et d’adresser une prière au Bouddha ou aux divinités.

La pièce porte-bonheur de 5 yens, souvent utilisée comme offrande
La pièce porte-bonheur de 5 yens, souvent utilisée comme offrande

Un coup de chance ? Les monnaies commémoratives émises en quantité limitée

Les monnaies émises pour commémorer des événements historiques ou de grandes étapes nationales sont appelées « monnaies commémoratives » ou « pièces commémoratives ».
Il existe par exemple une pièce d’argent de 1 000 yens créée pour commémorer l’Exposition universelle du Japon de 2025, ainsi qu’une pièce d’or de 10 000 yens célébrant l’intronisation de l’empereur.
De nombreux autres modèles ont été émis à l’occasion de Coupes du monde et de Jeux olympiques, du centenaire du système judiciaire ou du centenaire de l’instauration du système de cabinet ministériel. Leur taille, leur design, leur valeur et leur tirage varient, mais elles peuvent être utilisées pour effectuer des achats, comme les billets et pièces présentés précédemment.
Elles ne sont toutefois pas toujours acceptées par les distributeurs automatiques.
Les monnaies commémoratives émises en faible quantité s’échangent entre collectionneurs à des prix supérieurs à leur valeur faciale.
Lorsqu’une telle pièce est reçue pendant un voyage, notamment lors d’un achat, il peut être intéressant de la conserver précieusement.
Si une monnaie commémorative actuellement en vente suscite l’intérêt, il est aussi possible de l’acheter auprès d’un établissement financier qui la distribue ou de la Monnaie du Japon, comme souvenir du voyage.

Des monnaies commémoratives aux designs et dimensions variés
Des monnaies commémoratives aux designs et dimensions variés

Questions fréquentes sur le yen japonais

Q

D’où vient le nom « yen » ?

A

Son origine exacte est inconnue. Les deux principales hypothèses sont que toutes les monnaies ont été unifiées sous une forme « ronde », ou que le nom vient de l’unité monétaire chinoise 圓, prononcée « en ».

Q

Le yen est-il utilisé en dehors du Japon ?

A

Il ne l’est plus aujourd’hui, mais il avait également cours légal au Zimbabwe, en Afrique, de 2014 à 2019.

Conclusion

Cet article a présenté l’histoire et plusieurs anecdotes sur le yen japonais, ainsi que les différentes coupures et leur mode de gestion.
Le 3 juillet 2024, trois nouveaux billets ont été émis, ouvrant une nouvelle page de l’histoire monétaire du Japon.
Chacune des dix coupures possède ses propres caractéristiques et de nombreux détails ingénieux. Il peut donc être intéressant de les comparer lors d’un séjour au Japon.
L’article ci-dessous présente de manière accessible le fil de l’histoire du Japon depuis la Préhistoire ainsi que les principaux événements de chaque époque.

Hokkaido Tohoku Kanto Chubu Hokuriku Kansai Chugoku Shikoku Kyushu Okinawa