
Les aires de service (SA) et de repos (PA) des autoroutes, véritables pavillons de la culture locale ! Les 14 recommandations d’une spécialiste des autoroutes
Que l’on voyage en voiture particulière ou en autocar, les aires de service (SA) et de repos (PA) sont indispensables lors d’un trajet sur les autoroutes japonaises. Toilettes, pause, repas ou achats : chacun s’y arrête pour une raison différente, mais tout le monde en a probablement déjà fréquenté une au moins une fois.
Pourtant, au Japon, les SA et PA ne sont pas seulement des lieux où faire une halte en chemin : elles méritent aussi le détour en tant que destinations à part entière.
C’est ce qu’affirme Mirai Yamagata, chercheuse spécialiste des autoroutes interurbaines et présidente de l’Association japonaise Sapa. Cette spécialiste des autoroutes sans équivalent, qui a parcouru les 891 SA et PA du pays en plus de 15 ans, nous dévoile leurs attraits méconnus et présente ses aires préférées à travers le Japon.
Une spécialiste passionnée par les autoroutes et leurs SA et PA
Je suis Mirai Yamagata, « chercheuse spécialiste des autoroutes interurbaines », « présidente de l’Association japonaise Sapa » et « spécialiste des autoroutes ». À la lecture de tous ces titres, on peut légitimement se demander qui je suis exactement. Je vais donc commencer par vous les expliquer brièvement.
Tout d’abord, les « autoroutes interurbaines ». Au Japon, les autoroutes se divisent globalement en deux catégories : les autoroutes urbaines et les autoroutes interurbaines. Les premières, comme les réseaux autoroutiers de Tokyo et de Hanshin, restent à l’intérieur des agglomérations. Les secondes, comme les autoroutes Tomei et Meishin ou l’autoroute Chuo, relient différentes villes. Mes recherches portent principalement sur les autoroutes interurbaines.
Ensuite, l’« Association japonaise Sapa ». « Sapa » est un mot-valise formé à partir de SA et PA. À l’origine, nous l’avons créée comme une association informelle réunissant les amateurs de SA, de PA et d’autoroutes. Mais lorsque j’ai commencé à mener des activités avec notre secrétaire général, ma notoriété déjà modeste en tant que spécialiste des autoroutes a conduit les sociétés autoroutières à nous considérer comme davantage qu’une simple association de passionnés (rires). Sans même nous en rendre compte, nous avons fini par jouer à la fois le rôle de comité de soutien indépendant et d’intermédiaire pour les sociétés autoroutières.
Aujourd’hui, je parle avec passion des autoroutes et de leurs SA et PA, mais à l’origine, je préférais les routes nationales. Après avoir parcouru en voiture, à pied ou à vélo les routes nationales, y compris les plus difficiles et dégradées, je me suis demandé : « Que faire ensuite ? » C’est alors que je me suis tournée vers les autoroutes. C’était il y a environ 15 ans.

Comprendre les critères d’implantation pour saisir la différence entre SA et PA
Entrons maintenant dans le vif du sujet : les SA et les PA. J’aimerais commencer par les bases. Connaissez-vous la différence entre une SA et une PA ?
Une SA est une aire de service aménagée tous les 50 km environ. Elle comprend notamment des boutiques, des toilettes, des restaurants et une station-service. Les mentions « sens montant » et « sens descendant » dépendent quant à elles du point de départ et du terminus propres à chaque itinéraire.
À l’époque de la construction de l’autoroute Meishin, les voitures étaient moins performantes qu’aujourd’hui. Des stations-service et des ateliers de réparation automobile avaient donc été installés tous les 50 km. Cette distance est devenue la norme au Japon et reste encore appliquée. L’objectif était avant tout d’apporter une assistance aux véhicules. Ainsi, même lorsque le voyant de réserve s’allume, il est en principe possible de faire le plein dans l’une des deux SA suivantes. Toutefois, sur des routes construites avec des technologies plus récentes, comme l’autoroute Shin-Tomei, ou sur les sections où la vitesse maximale est de 120 km/h, 50 km se parcourent très vite. L’intervalle peut donc parfois être porté à 60 ou 70 km.
Les PA, en revanche, sont aménagées tous les 15 à 25 km environ afin de compléter les installations entre deux SA. On pense souvent que les SA sont grandes et les PA petites, mais ce n’est pas toujours le cas. Une station-service peut être installée dans une PA située avant un tunnel, tandis qu’une aire proche d’une grande ville peut être dotée d’installations plus vastes. Leur conception s’adapte ainsi avec souplesse aux particularités de chaque itinéraire.
Un Highway Oasis (HO) est quant à lui un espace de loisirs intégré à un parc urbain ou à un autre équipement, accessible aussi bien depuis l’autoroute que depuis le réseau routier ordinaire. Il n’est pas exploité par une société autoroutière, mais principalement par une entreprise semi-publique. Aménagé à côté d’une SA ou d’une PA, il reste accessible depuis celle-ci. Il s’agit donc d’un équipement totalement différent. À l’exception de cas très rares, comme le Kawaguchi HO de l’autoroute métropolitaine de Tokyo (Kawaguchi PA), un Highway Oasis est généralement considéré comme un parc exploité par une entreprise semi-publique.

Les SA et PA, vitrines des attraits régionaux !
En septembre 2026, le Japon comptait 891 SA et PA. En réalité, même le ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme ne dispose pas toujours d’un décompte exact en temps réel. C’est donc l’Association Sapa qui les recense et publie les données.
Je qualifie ces SA et PA de « pavillons autoroutiers qui font connaître la culture locale ». Si l’ensemble du réseau autoroutier est envisagé comme le vaste site d’une exposition universelle, chaque SA et chaque PA constitue un pavillon présentant les attraits de sa région. La passion et l’investissement des exploitants présents sur place sont tout simplement impressionnants. Lorsque je découvre un produit qui m’intrigue et que je pose des questions, on me raconte quantité d’histoires, comme : « En réalité, nous nous approvisionnons là-bas et j’ai négocié personnellement pour pouvoir le vendre ici. »
Autrefois, les SA et PA donnaient peut-être l’impression de toutes proposer les mêmes souvenirs et les mêmes restaurants, mais les choses ont radicalement changé. Les espaces de vente et les assortiments évoluent constamment selon les saisons, mais aussi selon les préférences du responsable de la boutique ou du directeur. À l’exception des souvenirs incontournables, tout change continuellement. C’est pourquoi nous disons que « les SA et PA sont des produits vivants ».

Boutiques, toilettes et autres points observés par une experte
Du fait de mon activité, on me demande souvent : « À quoi faites-vous attention lorsque vous vous arrêtez dans une SA ou une PA ? » J’observe principalement trois éléments : les toilettes, le paysage et l’espace de vente. Il me suffit notamment de regarder ce dernier pour comprendre immédiatement qu’un responsable de boutique ou un directeur a changé. La personnalité du responsable se reflète très nettement dans l’ambiance de l’espace de vente.
Les toilettes sont probablement aussi un point important pour les usagers. Je peux l’affirmer avec conviction : au Japon, c’est dans les SA et les PA que les toilettes sont les plus belles ! Chaque société autoroutière, NEXCO East Japan, Central Japan et West Japan, possède ses propres caractéristiques, mais la propreté des toilettes de la zone Central Japan est particulièrement remarquable. Il n’est pas exagéré de dire qu’elles sont plus propres que celles des grands magasins de luxe ou des célèbres parcs à thème, tant leur nettoyage et leur entretien sont méticuleux.
J’observe également la disposition des équipements à l’intérieur des cabines, ainsi que la position et la hauteur des crochets destinés aux bagages. Tout est véritablement calculé dans les moindres détails, afin que les personnes de petite taille ou âgées puissent par exemple suspendre leur sac sans avoir à se pencher. Je trouve ces attentions remarquables.

La restauration constitue elle aussi l’un des grands attraits des SA et PA.
Parmi les 891 SA et PA du Japon, celles où je trouve les repas les plus savoureux sont en réalité les PA de l’autoroute métropolitaine de Tokyo. Les PA dotées de personnel y sont fréquentées chaque jour par des chauffeurs routiers, des commerciaux et d’autres professionnels. Pour leur proposer des plats savoureux dont ils ne se lassent pas, les menus sont principalement conçus par des femmes habituées à cuisiner chez elles. Ils recréent ainsi des saveurs familiales réconfortantes et sont vraiment délicieux.
14 « Sapa » qui méritent le détour à travers le Japon
Je vais maintenant présenter une sélection de mes aires préférées parmi les 891 SA et PA du Japon. Ce choix est entièrement subjectif et fondé sur mon expérience personnelle : il est donc à considérer comme une simple référence. J’espère que chacun pourra ensuite les visiter, se dire « Je comprends » ou « Pour ma part, j’ai ressenti ceci », et profiter de ce voyage à travers les SA et PA en accordant de l’importance à ses propres impressions.
1. Tohoku : aire de service de Tsugaru, sens descendant de l’autoroute Tohoku (ville de Hirakawa, préfecture d’Aomori)
Cueillir facilement des pommes au cœur de leur région de production, Tsugaru
Commençons la région du Tohoku par l’aire de service située le plus au nord de Honshu : Tsugaru SA, dans le sens descendant de l’autoroute Tohoku. D’ordinaire relativement simple et paisible, elle propose pendant une période limitée une expérience de cueillette. Et la grande spécialité de Tsugaru, c’est la pomme. Chaque année, pendant environ une semaine à la fin du mois d’octobre, le verger de pommiers situé sur le site ouvre au public et permet de cueillir des pommes. Mieux encore, l’activité est gratuite ! Le nombre de fruits est bien entendu limité, mais pouvoir cueillir des pommes dans une SA reste une expérience rare, difficile à vivre ailleurs.

2. Tohoku : aire de service de Chojahara, sens descendant de l’autoroute Tohoku (ville d’Osaki, préfecture de Miyagi)
La culture de Miyagi à l’honneur, notamment avec sa spécialité, la langue de bœuf
Restons dans le Tohoku avec l’aire de service de Chojahara, dans la préfecture de Miyagi. Commençons par le sens descendant. Son espace de restauration permet notamment de déguster des plats à base de langue de bœuf, une spécialité régionale. L’aire propose également un vaste choix de souvenirs, parmi lesquels des pâtisseries réputées et des produits locaux. Elle offre ainsi une belle occasion de découvrir la culture gastronomique de Miyagi. C’est une SA où l’on ressent pleinement l’identité du Tohoku et de Miyagi au cours d’un voyage sur l’autoroute Tohoku.

3. Tohoku : aire de service de Chojahara, sens montant de l’autoroute Tohoku (ville d’Osaki, préfecture de Miyagi)
Un paysage humide apaisant où observer de précieux oiseaux aquatiques
L’aire du sens montant jouxte quant à elle le lac Keshonuma, inscrit au titre de la Convention de Ramsar relative aux zones humides d’importance internationale, notamment comme habitats des oiseaux d’eau. Son magnifique environnement naturel constitue son principal attrait. En été, des fleurs de lotus s’épanouissent à la surface de l’eau. En hiver, de précieux oiseaux aquatiques, comme les oies des moissons, les oies rieuses et les cygnes chanteurs, viennent s’y rassembler et s’y reposer. Un belvédère a également été aménagé. Cette SA assez inhabituelle permet ainsi de pratiquer une véritable séance d’observation des oiseaux tout en faisant une pause sur la route.

4. Kanto : aire de service de Sano, sens montant et descendant de l’autoroute Tohoku (ville de Sano, préfecture de Tochigi)
Passer à pied d’un sens à l’autre pour profiter des deux aires
Dans la région du Kanto, intéressons-nous maintenant à Sano SA. Cette aire est très intéressante, à commencer par sa structure particulière. Elle adopte une configuration dans laquelle les deux sens sont regroupés d’un même côté de la route, tout en disposant de bâtiments et d’installations séparés. Il est possible de circuler à pied entre ces différents équipements et donc de profiter à la fois du sens montant et du sens descendant.
L’aire du sens descendant a été rénovée à l’été 2022, et celle du sens montant au printemps 2026. Les installations du sens montant ont été supervisées par Kengo Kuma, architecte de renommée mondiale. Sano est par ailleurs célèbre pour ses ramen. Les restaurants étant différents dans chaque sens, je recommande de passer de l’un à l’autre pour comparer leurs saveurs.

5. Kawaguchi Highway Oasis (ville de Kawaguchi, préfecture de Saitama)
Le premier Highway Oasis de l’autoroute métropolitaine, idéal pour manger et s’amuser
Autre recommandation dans le Kanto : le Kawaguchi Highway Oasis. Ouvert au printemps 2022, il est né de la connexion entre l’Iina Park Kawaguchi, un parc géré par la ville de Kawaguchi, et la Kawaguchi PA de la ligne Kawaguchi de l’autoroute métropolitaine. Il s’agit du premier Highway Oasis du réseau autoroutier métropolitain. Outre la possibilité très pratique d’y accéder aussi bien depuis l’autoroute que depuis le réseau routier ordinaire, son principal attrait réside incontestablement dans la qualité de ses repas ! Parmi ses nombreux plats, je recommande vivement le donburi d’abats grillés. Plat emblématique apprécié par de nombreux habitués depuis l’époque de la Kawaguchi PA, il mérite absolument d’être goûté.
Le site comprend également Asoboon, une grande aire de jeux couverte utilisable par tous les temps, ce qui permet à toute la famille d’y passer une journée entière.

6. Chubu : aire de service de Fujikawa, sens descendant de l’autoroute Tomei (ville de Fuji, préfecture de Shizuoka)
Le meilleur endroit pour admirer une vue spectaculaire sur le mont Fuji depuis une SA ou une PA !
Passons maintenant à la région du Chubu, dans la zone gérée par NEXCO Central Japan. Commençons par Fujikawa SA, dans le sens descendant de l’autoroute Tomei. C’est le meilleur endroit pour admirer ou photographier le mont Fuji depuis une SA ou une PA ! L’association entre sa silhouette majestueuse et le pont de Fujikawa, surnommé le « pont rouge », possède la beauté d’une carte postale. Le paysage changeant selon les saisons et les heures de la journée, il est intéressant de s’y arrêter à plusieurs reprises pour tenter de prendre la meilleure photo.

7. Chubu : aire de service de Fujikawa, sens montant de l’autoroute Tomei (ville de Fuji, préfecture de Shizuoka)
Une vue panoramique sur le mont Fuji et l’autoroute depuis la grande roue
Dans le sens montant, l’attraction que je recommande est la grande roue. Pour être honnête, je pensais autrefois : « Une grande roue, vraiment… » Mais admirer le mont Fuji depuis son sommet est en fait assez amusant. Et ce n’est pas tout : j’adore également observer d’en haut l’autoroute et les places de stationnement de la SA. Je peux ainsi surveiller le niveau d’affluence en disant par exemple : « Ah, le sens descendant est encombré aujourd’hui » (rires). La grande roue fonctionnant jusqu’à 19 h les samedis, dimanches et jours fériés, il est aussi agréable d’observer les phares des voitures circulant sur l’autoroute.
Les installations de la station routière voisine comprennent également un planétarium.

8. Chubu : aire de service de Futaba, sens descendant de l’autoroute Chuo (ville de Kai, préfecture de Yamanashi)
Une vaste sélection de plats raffinés du Japon et d’ailleurs
Autre recommandation dans le Chubu : Futaba SA, dans le sens descendant de l’autoroute Chuo. Elle est exploitée par Yamanashi Kotsu, une entreprise locale d’infrastructures, et fait en quelque sorte office de porte d’entrée de la préfecture de Yamanashi. L’endroit est très intéressant, notamment grâce à ses nombreux plats qui dépassent les frontières régionales. Outre des préparations à base d’ingrédients locaux, on trouve des plats utilisant du riz basmati, mais aussi des fruits de mer provenant de Shiretoko, à Hokkaido, alors même que Yamanashi n’a aucun accès à la mer. J’ai été invitée à une dégustation lors d’un renouvellement de la carte, et tout était incroyablement bon. Les plats proposés sont d’une grande qualité et donnent irrésistiblement envie de reprendre du riz.
Par ailleurs, même s’il est éloigné, le mont Fuji est légèrement visible.

9. Kansai : aire de service de Takarazuka-kita, sens montant et descendant de l’autoroute Shin-Meishin (ville de Takarazuka, préfecture de Hyogo)
S’immerger dans l’univers de Takarazuka au sein de la plus grande SA de l’ouest du Japon
Dans le Kansai, ma première recommandation est Takarazuka-kita SA, sur l’autoroute Shin-Meishin. Ouverte au printemps 2018, cette SA regroupant les deux sens de circulation est la plus grande de l’ouest du Japon. L’univers de Takarazuka, ville célèbre pour sa troupe de théâtre musical, y est omniprésent ! Inspirés du concept du « Takarazuka moderne », les bâtiments présentent tous une architecture de style sud-européen. Des produits dérivés et des objets consacrés à Osamu Tezuka, mangaka de renommée mondiale étroitement lié à Takarazuka, y sont également exposés. L’ensemble procure l’enthousiasme d’une visite dans un parc à thème consacré à Takarazuka. L’aire étant exploitée par une entreprise du secteur du divertissement, elle propose de nombreux événements et dispositifs ludiques.

10. Kansai : aire de service de Miki, sens descendant de l’autoroute Sanyo (ville de Miki, préfecture de Hyogo)
Une remarquable cuisine italienne, assez savoureuse pour faire aimer les aliments autrefois détestés
Ma deuxième recommandation dans le Kansai est Miki SA, dans le sens descendant, une aire que j’adore notamment pour une histoire très personnelle. Les plats du restaurant italien qui s’y trouve sont d’une qualité exceptionnelle et attirent des amateurs venus de tout le Japon. Ils sont principalement préparés avec des spécialités locales ou provenant de l’île d’Awaji. À vrai dire, malgré ma gourmandise, il existait de nombreux aliments que je n’aimais pas. Mais après avoir goûté ici des aubergines et des asperges, un petit miracle s’est produit : non seulement j’ai surmonté mon aversion, mais j’ai même fini par les adorer (rires). Les produits étaient à ce point frais et savoureux. Je recommande vraiment à tout le monde d’y goûter.

11. Kansai : aire de repos d’Amagasaki, sens montant de la ligne Kobe no 3 de l’autoroute Hanshin (ville d’Amagasaki, préfecture de Hyogo)
Un espace ultramoderne semblable à une oasis, loin de l’image d’une PA urbaine sans personnel
Puisque nous y sommes, ajoutons une dernière recommandation dans le Kansai. Parmi les 891 SA et PA du Japon, l’Amagasaki PA de l’autoroute Hanshin est sans exagération l’une de mes deux préférées. Bien qu’elle ne dispose d’aucun personnel, elle ne correspond en rien à l’image étriquée, isolée et austère que beaucoup associent aux installations sans personnel. C’est au contraire l’une des PA sans personnel les plus modernes, donnant l’impression d’avoir été propulsée dans le futur. Elle a été intelligemment aménagée sur l’ancien emplacement d’un péage en pleine voie et reste enveloppée d’une atmosphère très calme, bien que l’autoroute passe juste à côté. Ses arbres verdoyants et sa conception faisant largement appel à la chaleur du bois en font une véritable oasis au cœur de l’autoroute urbaine. J’apprécie aussi la beauté de la lumière du soleil couchant réfléchie par le bois et celle du clair de lune.

12. Chugoku et Shikoku : aire de service de Kurushima Kaikyo, sens montant et descendant de l’autoroute Nishi-Seto (ville d’Imabari, préfecture d’Ehime)
Emplacement, paysage, gastronomie, architecture… La reine des SA !
Dans les régions de Chugoku et de Shikoku, impossible de ne pas recommander cet endroit. Kurushima Kaikyo SA se trouve sur l’autoroute Nishi-Seto, qui fait partie de la Shimanami Kaido, célèbre destination pour les promenades en voiture, les randonnées à moto et le cyclisme. C’est ma préférée entre toutes, la reine des SA ! Tout commence par son emplacement au sommet d’une falaise et par le paysage composé des îles, de la mer et des ponts de la région de Shimanami. Viennent ensuite les nombreuses spécialités locales, dont le taimeshi, un plat de riz à la daurade, puis le bâtiment moderne et élégant conçu autour du thème de l’évasion hors du quotidien. Une fois sur place, je n’ai plus envie de repartir (rires). Cette aire peut donc à elle seule constituer le but d’un voyage.
Comme elle regroupe les deux sens de circulation, un aller-retour sur la Shimanami Kaido permet de s’y arrêter aussi bien à l’aller qu’au retour.

13. Chugoku et Shikoku : aire de repos de Dannoura, sens descendant de l’autoroute Kanmon (ville de Shimonoseki, préfecture de Yamaguchi)
Déguster un authentique plat de fugu de Shimonoseki et contempler le détroit de Kanmon
Ma deuxième recommandation dans les régions de Chugoku et de Shikoku est Dannoura PA, située à l’extrémité occidentale de Honshu, juste avant l’entrée dans Kyushu. Ici, les fruits de mer sont incontestablement à l’honneur ! Il est agréable d’y acheter du poisson séché, mais l’idéal est sans doute d’y savourer un copieux repas de produits de la mer avant de partir à la conquête de Kyushu. Parmi eux, le choix incontournable est le fugu de Shimonoseki, sa région d’origine ! Il est en effet rare de pouvoir déguster une authentique cuisine à base de fugu dans une SA ou une PA autoroutière.
Le paysage constitue également un attrait majeur. Depuis la terrasse, on peut admirer à la fois l’impressionnant pont de Kanmon et le port de Mojiko, sur la rive opposée. Pouvoir profiter simultanément de ces deux panoramas est un avantage considérable.
Le site comprend également un hôtel autoroutier. Après avoir savouré les fruits de mer, il est donc possible d’y passer la nuit avant de rejoindre Kyushu le lendemain matin.

14. Kyushu et Okinawa : aire de service de Beppuwan, sens montant et descendant de l’autoroute Higashi-Kyushu (ville de Beppu, préfecture d’Oita)
Une SA raffinée pour profiter d’un panorama exceptionnel et d’une véritable expérience gastronomique
Nous arrivons enfin à la dernière étape, dans la région de Kyushu et d’Okinawa. À Kyushu, je souhaite présenter Beppuwan SA, sur l’autoroute Higashi-Kyushu. Les deux sens de circulation étant reliés par un sentier piétonnier, il est possible de passer de l’un à l’autre à pied. La vue sur la baie de Beppu depuis les hauteurs, à environ 380 m d’altitude, est littéralement spectaculaire. Elle est largement connue non seulement à Kyushu, mais dans tout le Japon. Avec notamment des pizzas cuites au feu de bois et un afternoon tea, cette SA un peu luxueuse permet aussi de profiter d’une véritable expérience gastronomique sans quitter l’autoroute.

Pour mieux profiter des SA, des PA et des voyages sur autoroute
1) Mieux vaut une PA proche qu’une SA éloignée
Les voyageurs peu habitués à conduire quotidiennement sur les autoroutes ont tendance à viser une SA pour leur pause, en pensant que sa grande taille leur offrira tout ce dont ils ont besoin. En réalité, durant les périodes de forte affluence comme la Golden Week, les fêtes d’Obon ou le Nouvel An, les voitures se concentrent dans les SA, qui deviennent extrêmement encombrées. En outre, se forcer à atteindre une SA plus éloignée peut conduire à se retrouver bloqué dans les embouteillages ou à augmenter le risque d’accident en raison de la fatigue. Pour éviter les accidents, mais aussi pour profiter pleinement du voyage, il est préférable de faire régulièrement des pauses dans les PA situées en amont. Il faut garder à l’esprit que « mieux vaut une PA proche qu’une SA éloignée ». L’idéal serait même de ne pas surcharger son programme et de disposer d’assez de temps pour s’arrêter dans toutes les SA et PA rencontrées en chemin.
2) Ne pas hésiter à tout demander au personnel des boutiques et des installations
Lors d’une halte dans une SA ou une PA, il ne faut surtout pas hésiter à interroger le personnel des boutiques et des installations. Peu importe le sujet : « Quel produit recommandez-vous ? », « Qu’est-ce qui est bon en cette saison ? » ou encore « Quels lieux conseillez-vous dans la région ? » Les personnes qui travaillent sur place connaissent parfaitement les attraits du territoire et sont d’excellents guides. Elles peuvent fournir des informations concrètes, comme « En réalité, c’est ce produit qui est le meilleur » ou « C’est actuellement la pleine saison », bien plus précieuses que les contenus populaires sur les réseaux sociaux. Les conversations et les échanges qui en découlent devraient également rendre le voyage beaucoup plus riche.
Conclusion
Aujourd’hui, les SA et les PA sont devenues des destinations de voyage aux attraits multiples.
Grâce aux explications de Mme Yamagata, passionnée par les routes, les autoroutes et leurs SA et PA, nous en avons découvert les nombreuses facettes. Elles restent indéniablement des lieux de repos sur les autoroutes, mais nous comprenons désormais qu’elles offrent aussi une grande diversité d’attraits. Pourquoi ne pas faire de la visite des SA et des PA l’objectif même d’un prochain voyage ? Elles devraient offrir une occasion de mieux connaître chaque région.
Superviseur
Chercheuse spécialisée dans les autoroutes interurbaines / Présidente de l’association N-SAPA / Personnalité médiatique unique en son genre, dédiée à l’univers autoroutier
Mirai Yamagata
« Les aires de service et de repos sont de véritables vitrines de la culture autoroutière ! »

