
Qu’est-ce que la cuisine traditionnelle japonaise kaiseki ? Composition et règles à connaître
Le kaiseki est une cuisine raffinée servie notamment dans les ryotei et les ryokan avec sources thermales.
Considéré comme la quintessence de la cuisine japonaise dont le Japon est fier, il concentre dans ses plats et sa vaisselle une histoire transmise depuis les temps anciens.
Cet article explique concrètement ce qu’est le kaiseki et dans quel ordre les plats sont servis.
Il présente également ses différences avec d’autres cuisines traditionnelles japonaises ainsi que les règles à respecter pour déguster un repas kaiseki.
Au terme de cette lecture, cette culture gastronomique sera mieux comprise et donnera certainement envie de l’expérimenter lors d’un séjour au Japon.
Qu’est-ce que le kaiseki ?
Le kaiseki est une cuisine traditionnelle japonaise consommée avant de boire du koicha, un matcha épais et onctueux, lors d’une cérémonie du thé.
Étroitement lié à la voie du thé, il repose avant tout sur l’hospitalité de l’hôte envers ses invités.
À l’origine, il désignait une collation servie avant le chakaiseki, une réunion centrée sur la dégustation du thé, mais sa forme a évolué au fil du temps.
Le mot « kaiseki » désigne à lui seul cette cuisine, mais l’expression « cuisine kaiseki » est souvent employée pour la distinguer du chakaiseki.
Autrefois composé de mets simples, le kaiseki se diversifie aujourd’hui : de plus en plus d’établissements y ajoutent leurs propres créations, telles que des fritures ou des desserts.

Composition et concept du kaiseki
La composition de base du kaiseki est l’ichiju sansai : une soupe et trois plats, soit un plat principal et deux accompagnements. Chaque assiette est servie successivement, au moment et dans l’état les plus propices à sa dégustation.
Le but est d’offrir aux invités un repas savoureux, selon les trois principes suivants :
- Des plats préparés avec des ingrédients de saison
- Une cuisine qui met en valeur le goût des ingrédients
- Une attention particulière portée aux invités
De nombreux plats kaiseki évoquent les saisons et séduisent à la fois la vue, l’odorat et le goût.
Cette cuisine exprime également le wabi-sabi, une sensibilité esthétique et un ensemble de valeurs propres au Japon.

Menu kaiseki et ordre de service
Comme indiqué plus haut, le kaiseki étant à l’origine un repas pris avant de savourer le thé, tous les plats sont servis avant celui-ci.
Même s’ils sont nombreux, ils sont chacun proposés en petite quantité et faciles à manger.
Voici un menu kaiseki type et son ordre de service.
Les étapes « 1. Oshiki » à « 3. Yakimono », auxquelles s’ajoute éventuellement « 4. Azukebachi », constituent l’ichiju sansai de base. L’étape « 5. Suimono » offre ensuite une pause gustative.
Le repas et le saké se dégustent avec « 6. Hassun » et « 7. Yuoke et konomono », avant de s’achever généralement par « 8. Omogashi et koicha ».
1. Oshiki
L’oshiki désigne le premier plateau servi. Il comprend trois éléments : un bol de riz, une soupe et le mukozuke, par exemple du sashimi ou du namasu.

2. Wanmori, ou nimono-wan
Il s’agit souvent d’un bouillon clair préparé avec du poisson, des légumes ou du poulet de saison.
Il se caractérise par ses belles couleurs et son assaisonnement délicat.
Il est servi dans un bol couvert légèrement plus grand qu’un bol de riz.

3. Yakimono
Il s’agit souvent d’un filet de poisson blanc de saison grillé.
Les portions de tous les convives sont présentées sur un seul grand plat ; l’usage veut que chacun se serve avec les baguettes de service.

4. Azukebachi, ou shiizakana
Il s’agit généralement d’un assortiment mijoté ou vinaigré, servi sur un plat commun comme le yakimono.
Ce mets était proposé lorsque le repas semblait insuffisant, mais il est aujourd’hui presque toujours intégré au kaiseki.

5. Suimono, ou hashiarai et suzuki-jiru
Une soupe légère est servie dans un petit bol.
Elle permet de purifier le palais des saveurs persistantes et de nettoyer les baguettes.

6. Hassun
Des produits de la mer et de la montagne ainsi que des mets fins accompagnant le saké sont disposés sur un récipient en cèdre carré de huit sun, soit environ 25 cm de côté, ou sur un récipient similaire.

7. Yuoke et konomono
Le yuoke contient du riz grillé, sur lequel on verse de l’eau chaude avant de le manger.
Les konomono sont des légumes marinés qui signalent la fin du repas kaiseki.

8. Omogashi et koicha
Le thé et la pâtisserie sont servis après le repas.
Il s’agit souvent d’une pâtisserie japonaise destinée à exalter la saveur umami du koicha, mais un sorbet ou des fruits peuvent également être proposés.

Histoire du kaiseki
Le kaiseki trouverait son origine dans le bouddhisme zen et serait issu des repas des moines en formation durant l’époque Azuchi-Momoyama, de 1573 à 1603.
À l’époque, ces moines ne prenaient qu’un repas frugal par jour. Ils plaçaient donc contre leur poitrine ou leur ventre une pierre chauffée appelée onjaku afin de se réchauffer et de calmer leur faim.
Le terme « kaiseki » renferme ainsi deux sens : « placer une pierre chaude contre sa poitrine pour se réchauffer » et « repas léger suffisant à apaiser la faim ».
Telle serait l’origine du nom de cette cuisine.
Né comme repas monastique, le kaiseki évolua ensuite, sous l’impulsion du poète Sen no Rikyu, vers une forme appréciée du grand public.
Figure majeure de la culture du chanoyu, qui désigne les écoles et les styles de la voie du thé, Sen no Rikyu intégra le kaiseki à cette pratique et l’utilisa comme l’un des moyens d’exprimer le wabi-sabi.
Il devint peu à peu une cuisine simple, facile à manger dans un pavillon de thé et conçue pour mieux apprécier le koicha, puis continua d’évoluer jusqu’à sa forme actuelle.

Différences entre le kaiseki et trois cuisines représentatives du Japon, ainsi que la cuisine kappo
La cuisine japonaise compte quatre cuisines traditionnelles, dont le kaiseki.
Parmi elles, le kaiseki écrit avec d’autres caractères japonais, un homonyme, est le plus souvent confondu avec celui présenté ici.
Voici leurs différences, ainsi que les caractéristiques et la composition des deux autres cuisines.
Différences entre le kaiseki de banquet et le kaiseki de la cérémonie du thé
Le kaiseki de banquet est une cuisine traditionnelle japonaise née d’une adaptation originale du kaiseki de la cérémonie du thé et du honzen ryori présenté plus loin.
Comme le kaiseki de la cérémonie du thé, sa composition de base est l’ichiju sansai, mais sa différence majeure réside dans le fait qu’il est destiné à accompagner le saké et non le thé.
Il se caractérise aussi par des règles et usages moins nombreux et par une plus grande liberté dans le choix des plats servis.
Il aurait été établi à l’époque d’Edo, de 1603 à 1868, et sa forme actuelle est couramment proposée lors de célébrations et de banquets.
Le tableau ci-dessous résume les principales différences entre les deux formes de kaiseki.
| - | Kaiseki de la cérémonie du thé | Kaiseki de banquet |
|---|---|---|
| Objectif | Repas destiné à savourer le thé | Repas destiné à savourer le saké |
| Lieu | Pavillon de thé ou pièce japonaise | Ryotei ou banquet |
| Nombre et variété des plats | Plutôt réduits | Plutôt importants |
| Ordre de service | Le repas commence par le riz et la soupe, et tous les mets sont servis avant le thé | Le repas commence par le saké et un amuse-bouche, puis se termine par le riz et la soupe |
| Mode de service | Les portions de tous les convives sont disposées sur un grand plat | Une assiette par personne |

Composition du kaiseki de banquet
Voici sa composition et son ordre de service.
Le détail varie selon les établissements.
- 1. Sakizuke
-
Premier plat servi après avoir bu du saké, il correspond à un amuse-bouche ou à une entrée.
Il s’agit souvent de légumes assaisonnés. - 2. Osh inogi
-
Plat destiné à remplir l’estomac afin d’éviter que le saké ne monte trop vite à jeun.
Il s’agit généralement de glucides, comme des sushis en bouchées ou une petite portion de soba. - 3. Wanmono
- Une soupe claire ou un mets mijoté est servi afin de rafraîchir le palais.
- 4. Mukozuke
-
Un assortiment équilibré de sashimis de poisson de saison, allant du poisson blanc au poisson à chair rouge, est proposé.
L’usage veut qu’on le mange de l’avant, aux saveurs légères, vers le fond, aux morceaux plus gras. - 5. Hachizakana
-
Le plat principal du kaiseki de banquet.
Il s’agit souvent de poisson blanc grillé, mais du wagyu ou de la langouste d’Ise sont parfois servis aujourd’hui. - 6. Shiizakana
- Ce terme a presque le même sens que l’azukebachi du kaiseki de la cérémonie du thé : un plat que l’hôte recommande avec insistance.
- 7. Friture
- Il s’agit habituellement de tempura de poisson et de légumes.
- 8. Plat vapeur ou vinaigré
-
Un chawanmushi est souvent servi.
Le mets vinaigré a pour rôle de rafraîchir le palais. - 9. Riz, konomono et tomewan, ou soupe miso
-
Ils marquent la fin du repas.
Il convient de cesser de boire du saké et de les manger avant qu’ils ne refroidissent. - 10. Mizugashi et douceur
- Pour finir, un dessert accompagné de thé est servi : fruits, glace, pâtisserie japonaise ou autre création propre à l’établissement.
Différences entre le honzen ryori et le kaiseki
Le honzen ryori est une cuisine cérémonielle officielle de la société guerrière, établie à l’époque de Muromachi, de 1336 à 1573, puis développée à l’époque d’Edo.
Elle trouve son origine dans le daikyo ryori, cuisine cérémonielle de l’aristocratie de l’époque de Heian, de 794 à 1185, et serait également à l’origine de la cuisine japonaise et de sa culture.
Chaque plat est disposé sur un plateau sur pieds, et le nombre de plateaux et de mets varie selon le rang de la personne.
La disposition des plats et la manière de les manger obéissent également à des usages et conventions très précis.
Cette cuisine très formelle a décliné après l’époque de Meiji, de 1868 à 1912. Aujourd’hui, il n’en subsiste que quelques traces dans les repas cérémoniels servis lors des mariages et des funérailles.

Composition du honzen ryori
Le honzen ryori se compose de deux parties : le shiki no zen, à forte dimension cérémonielle, et le kyo no zen, qui désigne le repas.
Le tableau ci-dessous présente un exemple concret de sa composition.
- 1. Shiki sankon
- Rituel du saké précédant le repas : il consiste normalement à boire trois coupes, en changeant d’accompagnement à chacune et en vidant chaque coupe. Il subsiste aujourd’hui sous la forme du san-san-kudo.
- 2. Honzen
-
Premier repas servi après le shiki sankon, placé devant l’invité. Il suit généralement le principe d’une soupe et trois mets : riz, soupe, légumes marinés, tsubo et namasu.
Il diffère de l’ichiju sansai du kaiseki. - 3. Deuxième plateau
-
Il est placé à droite du honzen.
Il comprend généralement une deuxième soupe claire, un hira tel qu’un ragoût savoureux, et un petit mets tel que des légumes blanchis assaisonnés. - 4. Troisième plateau
-
Il est placé à gauche du honzen.
Il comprend généralement une troisième soupe, différente de la soupe principale, du sashimi et un mets en bol tel qu’un plat vinaigré. - 5. Quatrième plateau
-
Il est placé derrière le honzen et le deuxième plateau.
Il comprend généralement un mets grillé, par exemple une dorade entière. L’usage veut qu’on n’y touche pas et qu’on l’emporte. - 6. Cinquième plateau
- Il est placé derrière le honzen et le troisième plateau et contient des présents à emporter, comme des pâtisseries.
Différences entre le shojin ryori et le kaiseki
Le shojin ryori est une cuisine traditionnelle japonaise préparée exclusivement avec des ingrédients végétaux, tels que légumes, céréales et fruits, sans viande ni produits de la mer.
Elle aurait été introduite avec le bouddhisme depuis la Chine et se serait implantée à l’époque de Kamakura, de 1185 à 1333, parallèlement à l’essor du bouddhisme zen.
Elle est donc étroitement liée au bouddhisme, et ses plats reflètent des préceptes tels que le respect de la non-violence envers les êtres vivants et le refus de stimuler les désirs terrestres.
Le mot « shojin » signifie notamment se libérer des pensées parasites et discipliner son esprit. Cette cuisine frugale, qui évite les mets raffinés, faisait partie de l’ascèse.
À l’origine destiné aux moines, le shojin ryori suscite aujourd’hui l’intérêt comme cuisine saine permettant d’apprécier le goût naturel des ingrédients.

Composition du shojin ryori
Le shojin ryori n’a pas de composition clairement définie : son contenu et ses usages diffèrent selon les préceptes de chaque école ainsi que le pays ou la région.
Le tableau ci-dessous résume les principales règles et la composition représentative du shojin ryori au Japon.
- Composition et modes de cuisson
-
Les ingrédients de saison sont préparés en combinant les cinq saveurs, les cinq couleurs et les cinq méthodes.
• Cinq saveurs : sucré, piquant, amer, acide et salé
• Cinq couleurs : blanc, noir, rouge, bleu ou vert, et jaune
• Cinq méthodes : cru, grillé, frit, mijoté et cuit à la vapeur - Ingrédients interdits
-
• Ingrédients d’origine animale : viande, produits de la mer, œufs, consommé, beurre, etc.
• Les cinq légumes âcres, tels que ciboule, ciboulette chinoise, ail et rakkyo, dont la forte odeur est censée stimuler les désirs terrestres - Exemple de menu, une soupe et cinq plats
- Plateau principal : riz, soupe, hira tel que du yuba, plat sur assiette en bois tel qu’une préparation au tofu, et légumes marinés
- Plats représentatifs
- Tofu koya, ganmodoki, tempura de légumes, etc.
Différences entre le kaiseki et la cuisine kappo
Le terme kappo associe les idées de « découper » et de « cuire » et désigne l’ensemble des procédés culinaires.
Par extension, la cuisine kappo désigne généralement des plats typiquement japonais ou les restaurants, souvent haut de gamme, qui les servent.
Au sens large, elle peut être considérée comme une composante du kaiseki. Les deux ont de nombreux points communs, notamment l’attention portée aux ingrédients, l’esprit d’hospitalité et les plats proposés.
La cuisine kappo se distingue toutefois nettement du kaiseki par la forme du repas : les plats sont normalement commandés un à un et préparés sur place par le cuisinier.
La présence de places au comptoir rapproche aussi davantage les clients du cuisinier et rend ces établissements un peu plus faciles d’accès pour une personne seule.
Les autres différences sont résumées ci-dessous.
Elles peuvent varier selon les établissements.
| - | Kaiseki | Cuisine kappo |
|---|---|---|
| Type de places | Salle japonaise ou salon privé | Comptoir ou table |
| Nombre de convives | À partir de plusieurs personnes | À partir d’une personne |
| Service des plats | Selon un menu fixe | Commandés et préparés un à un sur place |
| Ordre de dégustation | Dans l’ordre du service | Dans l’ordre choisi par chacun |
| Geiko | Peuvent être conviées | Ne peuvent pas être conviées |
Composition de la cuisine kappo
La cuisine kappo n’a généralement pas de composition fixe, mais certains établissements proposent des menus dégustation.
Dans ce cas, le menu est souvent publié sur leur site Internet et peut être consulté à l’avance.
Les plats peuvent être classés comme ci-dessous et utilisent principalement du poisson et des légumes, indispensables à la cuisine japonaise, préparés de multiples façons.
L’un de ses attraits est de permettre de déguster plus simplement qu’un kaiseki une cuisine japonaise où s’illustre le savoir-faire professionnel.
- Entrées
- Plats mijotés
- Sashimis
- Grillades
- Fritures
- Plats de riz
- Desserts
Règles à connaître avant de se rendre dans un restaurant kaiseki
Comme expliqué jusqu’ici, le kaiseki est une cuisine traditionnelle très formelle.
Contrairement aux restaurants familiaux ou aux chaînes, les restaurants kaiseki imposent donc parfois un code vestimentaire et des règles dont la méconnaissance peut être embarrassante.
Les usages à table sont nombreux, mais voici les trois règles fondamentales à connaître au minimum.
Tenue vestimentaire
Aucune règle précise ne définit la tenue à porter dans un restaurant kaiseki.
Il est toutefois prudent d’éviter les tenues décontractées, comme les tee-shirts et les jeans, ainsi que les vêtements très révélateurs, voyants ou extravagants.
En cas d’hésitation, un costume, une veste, une robe ou un kimono sont recommandés.
Il convient également de retirer au préalable ses bijoux afin de ne pas abîmer la vaisselle précieuse.
Dans une pièce japonaise, entrer pieds nus est considéré comme impoli : il ne faut donc pas oublier de porter des chaussettes ou des bas.
Le kaiseki étant une cuisine dont on apprécie les arômes et les saveurs délicats, il faut aussi éviter les cosmétiques, parfums et produits coiffants à forte odeur.
Il est préférable que les fumeurs s’abstiennent autant que possible, même si des espaces séparés sont prévus.

Règles pour manger dans une pièce japonaise
Pour entrer dans une pièce japonaise, il convient de s’agenouiller en seiza devant le fusuma pour l’ouvrir et le fermer, puis d’entrer en prenant garde de ne pas marcher sur le seuil ni sur les bordures décorées des tatamis.
Il faut avancer à petits pas glissés, s’agenouiller avant de s’asseoir, saluer, puis prendre place silencieusement en passant par le côté du coussin.
Sans habitude, on risque d’enjamber ou de piétiner le coussin, deux gestes à proscrire ; la prudence est donc de mise.
La place la plus proche du tokonoma, une alcôve surélevée par rapport aux autres tatamis, est la place d’honneur, tandis que les places sont de rang inférieur à mesure qu’elles se rapprochent de l’entrée.
Lors d’un repas avec une personne de rang supérieur, il est élégant de lui suggérer discrètement la place d’honneur et de s’asseoir soi-même près de l’entrée.

Règles pendant le repas
Les règles pendant le repas sont présentées en trois catégories : les baguettes, l’oshibori et la vaisselle.
Utilisation de l’oshibori
Dans un restaurant kaiseki, l’oshibori ne doit servir qu’à s’essuyer les deux mains.
S’essuyer le visage ou la bouche avec, mais aussi nettoyer la table ou y éponger des gouttes d’eau, constitue un manquement aux usages.
À sa place, il est recommandé d’utiliser un kaishi, une feuille de papier japonais pliée en deux, particulièrement pratique.
Le kaishi a de nombreux usages : essuyer l’extrémité des baguettes ou le contour de la bouche, servir de petite soucoupe ou dissimuler sa bouche lorsque l’on en retire une petite arête ou un pépin, entre autres.
Son utilisation optimale variant selon les plats, la connaître à l’avance permet d’adopter des gestes élégants pendant le repas.

Utilisation des baguettes
L’utilisation des baguettes est sans doute la règle la plus importante d’un repas kaiseki.
Une mauvaise manipulation peut indisposer les autres et détériorer l’atmosphère du repas ; une grande attention est donc requise.
En principe, les baguettes se tiennent du bout des doigts légèrement au-dessus de leur milieu et doivent être posées ensemble sur le repose-baguettes lorsqu’elles ne sont pas utilisées, jamais sur la vaisselle ou la table.
Les règles sont nombreuses, mais il est absolument interdit de piquer les aliments avec ses baguettes, de les retourner pour utiliser l’autre extrémité ou de tirer un récipient vers soi avec celles-ci.
Il est également contraire aux usages d’hésiter en promenant ses baguettes au-dessus des plats ou de placer sa main sous les aliments. Il importe aussi de veiller à ne pas salir leur extrémité.

Règles concernant la vaisselle
Certains récipients peuvent être tenus en main, contrairement à d’autres, comme indiqué ci-dessous.
- Récipients pouvant être tenus en main
- Bols à soupe, petits bols, coupelles à sauce soja, grands bols, etc.
- Récipients ne devant pas être tenus en main
- Assiettes plates utilisées notamment pour le sashimi et les grillades, plats de service, grands bols, bols moyens, etc.
Si un mets risque de tomber, il faut donc décider selon le récipient s’il convient de le soulever tel quel ou de transférer d’abord le mets dans une petite assiette.
Le couvercle d’un récipient doit être posé à l’envers derrière ou à côté du plat, puis remis en place à la fin.
La vaisselle utilisée dans les restaurants kaiseki étant souvent précieuse, il faut toujours la manipuler avec soin afin de ne pas l’endommager.
Pour toute incertitude, concernant la vaisselle ou autre chose, il est recommandé de demander au personnel.

Ryotei de Tokyo et Kyoto proposant un authentique kaiseki
Voici trois ryotei où déguster un authentique kaiseki à Tokyo et Kyoto, deux destinations touristiques populaires.
Tous jouissent d’une réputation qui leur a valu une distinction Michelin et permettent de savourer une cuisine japonaise mettant en valeur des ingrédients soigneusement sélectionnés.
Ce sont des établissements particulièrement recommandés pour manger un kaiseki au Japon.
Tokyo : Yoshizawa
Situé au cinquième étage de Roppongi Hills, dans l’arrondissement de Minato à Tokyo, Yoshizawa est un restaurant kaiseki traditionnel qui perpétue l’héritage de la cuisine de Kyoto, délicate, élégante et raffinée.
Le chef Sadahisa Yoshizawa, à l’origine de restaurants étoilés au guide Michelin, y cuisine lui-même.
Après avoir suivi les pas japonais aspergés d’eau, on pénètre dans un intérieur empreint de sérénité, où se ressent la culture ancestrale du Japon.
Les magnifiques plats déroulent un récit au fil des saisons et séduisent profondément les convives.
Le riz cuit en donabe, qui incarne le concept de l’établissement consistant à révéler le goût des ingrédients, et son plat emblématique de thazard grillé sur de la paille sont particulièrement recommandés.

Tokyo : Nihon Ryori Tagetsu
Nihon Ryori Tagetsu se niche au premier sous-sol d’un immeuble paisible situé dans une ruelle, à environ cinq minutes à pied de la station Omotesando à Tokyo.
Son intérieur chaleureux, aménagé avec du cèdre rouge et du granit, permet de prendre son temps dans une atmosphère douce.
Le charme de Tagetsu réside dans son hospitalité délicate, adaptée au motif de la visite de chaque client, qui permet de passer un agréable moment.
Sa cuisine japonaise classique, généreuse en ingrédients de saison, a obtenu une étoile Michelin huit années consécutives à partir de 2015.
Le dashi dont l’établissement est fier, préparé avec beaucoup de soin, s’exprime dans ses plats de saison.

Kyoto : Kyoto Kitcho Arashiyama
Kyoto Kitcho Arashiyama est un ryotei historique emblématique du Japon, situé à environ six minutes de la gare d’Arashiyama de la compagnie Keifuku Electric Railroad, à Kyoto.
Par le passé, il a conservé trois étoiles Michelin pendant plusieurs années et offre à ses clients l’hospitalité la plus accomplie grâce à des plats et des moments mémorables.
Entouré d’un beau paysage verdoyant, son intérieur emprunte la vue du célèbre site d’Arashiyama et dégage la prestance digne d’une maison prestigieuse.
La vaisselle, les rouleaux suspendus et le jardin impeccablement entretenu permettent également de s’immerger dans l’univers du chanoyu.
Fondée sur le chakaiseki, sa cuisine raffinée conjugue des ingrédients de la plus haute qualité, le savoir-faire des artisans et des mises en scène particulières.

Le shokado bento, pour découvrir facilement le kaiseki
Même en s’intéressant au kaiseki, son caractère intimidant peut le rendre difficile d’accès aux touristes étrangers voyageant seuls ou aux personnes accompagnées de jeunes enfants.
Dans ce cas, il est recommandé de commencer par le shokado bento, servi comme une version simplifiée du kaiseki.
Fort d’une longue tradition, le shokado bento désigne un repas présenté dans une boîte munie d’un couvercle et divisée en quatre compartiments par des séparations en croix.
Du sashimi, des grillades, des mets mijotés et du riz sont principalement et élégamment disposés dans ces quatre compartiments selon les principes du kaiseki, offrant une impression de raffinement.
La boîte est conçue pour empêcher les goûts et les odeurs de se mélanger, ce qui permet de savourer chaque mets.
En raison de sa forme, elle est souvent comparée au makunouchi bento, mais les deux diffèrent considérablement par leur degré de formalité, leur présentation et leur usage.
Le shokado bento peut être acheté à emporter dans les ryotei ainsi qu’aux rayons alimentaires en sous-sol des grands magasins.

Questions fréquentes sur le kaiseki
Q
Qu’est-ce que le kaiseki ?
Une cuisine traditionnelle japonaise consommée avant de boire du koicha lors d’une cérémonie du thé.
Q
Quelle est la différence entre les deux formes de kaiseki ?
Le kaiseki de banquet est destiné à accompagner le saké plutôt que le thé. Il se distingue aussi par des règles et usages moins nombreux et par une plus grande liberté dans le choix des plats servis.
Conclusion
Cet article a présenté les connaissances essentielles et les règles à connaître avant de découvrir le kaiseki.
Les amateurs de cuisine japonaise et les personnes qui s’y intéressent pourront ainsi essayer le kaiseki, qui en concentre toute la quintessence.
Bien qu’il puisse sembler difficile d’accès, le kaiseki permet de savourer une culture gastronomique propre à la cuisine japonaise et au Japon.